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SUR DEUX ŒUVRES D'ART

Deux étonnements m'attendaient hier au Salon d'automne où j'ai pénétré par la porte des artistes qui viennent jeter, avant le vernissage, un dernier coup d'œil à leurs œuvres, avant de les laisser seules avec le public : l'exposition particulière du peintre-sculpteur Henry de Groux et le monument de Beethoven du sculpteur-architecte José de Charmoy. Au monument il manque encore la figure principale, mais je l'ai vue antérieurement, presque finie, et il me semble que mon imagination en reconstitue assez

aisément l'ensemble grandiose, dont les quatre figures d'angle, exposées en ligne, éploient leurs ailes assyriennes en un fantastique groupement. C'est de la sculpture qui n'est pas seulement haute et large, mais qui est grande. Les faces^ sévèrement taillées, les plis des robes harmonieusement développés, les bras levés selon des courbes graduées pour dire la continuité de l'effort, tout cela cause une sorte d'émerveillement. On n'est plus habitué à cela. Malgré qu'on voudrait rester encore, on gravit l'escaUer et voici une salle remplie des œuvres anciennes et récentes de Henry de Groux et d'abord, remplissant une large partie du panneau du fond, le fameux Christ aux outrages qui fut presque célèbre il y a quinze ans et qui n'a perdu, bien au contraire, aucune de ses qualités. Il semble que les tons en sont mieux fondus ou peut-être la lumière est-elle meilleure là que dans l'étrange atelier de la rue Blomet, où il fut un instant exposé. C'est décidément une œuvre. Elle s'entoure de toutes sortes de toiles dans la manière

Sur deux œuvres (ïart

fougueuse, énigmatique et tourmentée qui lui est chère, et, nouveauté que rien ne laissait prévoir, d'une théorie de statues, de bustes, de groupes d'une facture un peu singulière, mais qui témoignent d'un elSfort rare. Et c'est bien toujours le de Groux que nous avons connu, le de Groux qui n'est pas rentré dans le conte d'Hoffmann dont il était sorti. Il m'a confié que rien ne l'étonnait, qu'il avait retrouvé, après quinze ans, Paris identique à lui-même. Peutêtre n'a-t-il pas encore eu le temps de regarder les cubistes ?

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