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LE SENTIMENT MORAL

Passons aux sentiments que nous font éprouver les actions des autres hommes.

Sympathie, antipathie, bienveillance, estime, mépris,! respect , enthousiasme , indignation , telles sont les diverses expressions par lesquelles nous exprimons les divers sentiments de l'âme en présence de la vertu et du vice. '^

La sympathie est la disposition à ressentir les mêmes impressions que les autres hommes ; sympathiser avec leur joie , c'est partager cette joie ; sympathiser avec leur douleur, c'est partager cette douleur. Il peut arriver que l'on sympathise avec les défauts des autres hommes, lorsqu'ils sont les mêmes que les nôtres, mais, en général, les hommes sympathisent surtout avec les bonnes qualités, et n'éprouvent que de l'antipathie pour les mauvaises. Au théâtre, tous les spectateurs, bons ou mauvais, veulent voir la vertu récompensée et le crime puni. Le contraire de la sympathie est Vantipathie,

La bienveillance est la disposition à vouloir du bien aux autres hommes, h' estime est une sorte de bienveillance mêlée de jugement et de réflexion que nous éprouvons pour ceux qui ont bien agi, s'il s'agit surtout des vertus moyennes et convenables ; s'il s'agit de vertus plus hautes et plus difficiles, l'estime devient du respect; s'il s'agit d'héroïsme, le respect se complique à' admiration et à' enthousiasme ; l'admiration étant le sentiment d'étonnement que nous fait éprouver tout ce qui est nouveau et grand, et l'enthousiasme étant le même sentiment de plus en plus passionné et nous enlevant à nous-mêmes comme si un dieu était en nous (1).

(1) Le mot enthousiasme vient dun mot grec qui signilie être rempli de Dieu.

PETITS tLÉMENTS DE MOHALE,

Le mépris est le senlimenl d'aversion que nous éprouvons pour celui qui agit mal ; il implique surtout qu'il s'agit d'actions basses et honteuses. Lorsqu'il s'agit d'actions condamnables, mais non odieuses, le sentiment que nous éprouvons est celui du bithne , qui , comme l'estime, est plus près d'être un jugement qu'un sentiment. Quand il s'agit enfin d'actions criminelles et révoltantes, le sentiment qu'elles provoquent est ïhorreur ou V exécration.

CnAPlTRE VIII

LÀ LIBERli

Nous avons dit déjà que l'homme ou Vagent moral est libre^ lorsqu'il est en état de choisir entre le bien et le mal, et de faire l'un et l'autre à son gré.

La liberté suppose toujours la possession de soi-même. L'homme est libre à l'état de veille, à l'état de raison, à l'état adulte. Il n'est pas libre, ou il ne l'est que trèspeu dans le sommeil, dans le délire, dans la première enfance.

La liberté est attestée à l'homme :

i** Par le sentiment intérieur qui accompagne chacun de ses actes : par exemple, au moment d'agir, je sens que je puis vouloir, ou ne pas vouloir telle action ; $i je m'y engage, je sens que je puis la suspendre, tant

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