LA LIBERTÉ
qu'elle n'est pas entièrement exécutée; quand elle est achevée, j'ai la conviction que j'aurais pu agir autrement.
2** Par le fait même de la loi morale, ou du devoir :
'^Je dois, donc je puis. A l'impossible, nul n'est tenu.
Si donc il y a en moi une loi qui m'ordonne de faire le
bien et de fuir le mal , c'est que je puis faire l'un ou
l'autre à ma volonté.
3" Par la satisfaction morale qui accompagne une bonne action , par le remords ou le repentir qui suivent les mauvaises. En effet, on ne se félicite pas d'une chose qu'on a faite malgré soi, et l'on ne se reproche pas une action que l'on a faite, poussé par une fatalité irrésistible. Le premier mot de tous ceux à qui on reproche une mauvaise action, c'est qu'ils ne l'ont point fait exprès, avec intention. Ils reconnaissent donc par là qu'on ne peut reprocher une action qu'à celui qui a voulu la faire, c'est-à-dire qui l'a faite librement.
4* Par les récompenses et les peines, et en général par la responsabilité morale, qui s'attache à toutes nos^ actions, quand elles ont été accomplies en connaissance de cause. On ne punit pas les actions qui sont le résultat de la contrainte et de l'ignorance.
S* Par les exhortations ou conseils que nous donnons aux autres hommes. On n'exhorte pas un homme à avoir chaud ou froid, à ne pas souffiir de la faim et de la soif : car on sent bien que cela ne dépend pas de lui. Mais on l'exhorte à être honnête homme, pai^ce qu'on croit qu'il peut l'être s'il le veut.
6« Par les promesses : nul ne s'engage à ne pas inourir, à ne pas être malade , etc. , mais on promet , d'être présent à un rendez-vous, de payer telle somme, '