‹ Petits éléments de morale [microform]Chapitre 36 sur 48 · VOIRS DE FAMILLE. LE MARIAGE · texte numérisé non relu

VOIRS DE FAMILLE. LE MARIAGE

On peut distinguer dans la famille quatre espèces de rapports, d'où naissent quatre classes de devoirs.

i* Rapports du mari et de la femme ; 2* Rapports des parents aux enfants ; 3* Rapports des enfants aux parents ; 4** Rapports des enfants entre eux.

D'où : le devoir conjugal , le devoir paternel ou maternel, le devoir filial et le devoir fraternel.

A ces quatre éléments de la famille on peut en ajouter un cinquième, la domesticité, d'où le devoir des maîtresà l'égard des domestiques, et des domestiques à l'égard des maîtres.

I. Devoirs du mariage. — Le devoir commun du mari et de la femme est la fidélité. Ce devoir est fondé sur la nature même du mariage, et en second lieu sur une promesse réciproque.

Commençons par cette dernière considération. Le mariage, tel qu'il est institué dans les pays civilisés et chrétiens, est la monogamie , ou mariage d'un seul homme avec une seule femme (sauf le cas de décès). Tel est l'état auquel on s'engage en entrant dans la condition du mariage ; on accepte donc , par là même , l'obligation d'une fidélité inviolable. Que si une promesse est sacrée quand il s'agit des biens matériels (par exemple une dette de jeu), combien plus sacrée est la promesse des cœurs, et ce don réciproque de l'âme à l'âme, qui fait la dignité du mariage! La fidélité conjugale est donc un devoir d'honneur, une véritable dette.

Mais ce n'est pas seulement le résultat obligatoire d'une promesse, d'une parole donnée : la fidélité résulte de l'idée même du mariage , et le mariage à son tour résulte de la nature des choses.

Le mariage a été institué pour sauver la dignité de la femme. L'expérience, en eflet, nous apprend que, partout où existe la polygamie, la femme est l'esclave de l'homme. Celui-ci, partageant ses afl'ections entre plusieurs personnes difl'érentes, ne peut en aimer aucune avec cette délicatesse et cette constance qui rendent la femme égale de l'homme. Comment pourrait-il y avoir

.I2try,r

Page 1