IG
Charles Hougo disait cela très sérieusement — sans aucune intention d'ironie.
Au Soleil, il n'y avait pas un seul bonapartiste, ce qui contrariait grandement l'excellent Millaud, son propriétaire, fort ami de l'empire et de l'empereur.
— Ah ! zut alors, s'il doit faire l'éloge de Badinguet, me dirent les jeunes gens ; qu'il ne remette plus les pieds ici.
Il revint pourtant et voici pourquoi.
Napoléon III lui avait donné 4,500 francs. Cette somme, le pauvre fou l'avait consacrée à faire une magnifique édition de VIliade finie et d'une autre ripopée rimée, intitulée: Lafm du Cosmos, copie informe des poèmes de Dante. — Le tout intitulé: Merveille.
Il apportait le livre d'un air triomphant.
Gomme indice du prix, il y avait sur la couverture : Prix : Un Napoléon d'or.
Pour cette seule raison, personne ne voulut parler de cette œuvre très désordonnée, partant fort originale. — Il en pleurait presque.
Dans ce livre on trouve du reste ce que j'ai dit touchant Louis Bonaparte: «j'aime Napoléon III parce que c'est un grand politique, un grand poète, un grand comédien. »
Charles Hougo quitta Paris avant la fin de l'Exposition.
d'une stalle d'orchestre 283
Le pauvre homme n'a plus reparu sur le théâtre; il n'a plus publié de vers ni hongrois ni français.
Tl est mort, en 1880, à Buda-Pesth.