‹ Petits mémoires d'une stalle d'orchestreChapitre 40 sur 47 · LE PUBLIC ET LES AUTEURS DRAMATIQUES · texte numérisé non relu

LE PUBLIC ET LES AUTEURS DRAMATIQUES

Au marais

MADAME BÉCHAMEL. — OÙ lïie condiiisez-vous?

MADAME PRÉCHANTRÉ. — Je VOUS l'ai déjà dit : Au théâtre.

MADAME BÉCHAMEL. — Bon ; maisà quel théâtre?

MADAME PRÉCHANTRÉ. — A l'Ambigu-Comique, donc.

MADAME BÉCHAMEL. — Boii eiidroit! Je ii'v ai pas mis les pieds depuis le jour où l'on y jouait Héloïse et Abélard, il y a quarante-trois ans. Ce souvenir m'est resté. Bon endroit. Qu'est-ce qu'on y donne? Toujours Héloïse et Abélardf

MADAME PRÉCHAKTRÉ. — Ah ! non, par exemple!

d'une stalle d'orchestre 297

Ils y jouent quelque chose de plus moderne. MADAME BÉCHAMEL. — Comment ça s'appelle-t-il ?

MADAME PRÉCHANTRÉ. — VAsSOmmoiv.

MADAME BÉCHAMEL. — Cc titre promet. Ça doit être chouette. On y assomme quelqu'un, n'est-ce pas?

MADAME PRÉCHANTRÉ, — Dame, jC SUppOSC.

MADAME BÉCHAMEL. — Si l'ou n'assouimait pas, ça n'aurait guère le sens commun, n'est-ce pas?

MADAME PRÉCHA>'TRÉ. — Je Ic pcnsc commc vous... Attendez donc, je vais vous apprendre le nom de l'auteur.

MADAME BÉCHAMEL. — Lc nom dc l'autcur? Pourquoi faire? Qu'est-ce que ça me fait, à moi? Qu'il soit ce qu'il voudra. Pierre ou Paul, Jean ou Pantaléon : ça m'est égal. L'essentiel, c'est que l'affaire me fasse rire ou me fasse pleurer. Pour l'auteur, qu'il s'arrange. Est-ce que ça regarde le public, comment il s'appelle? L'auteur ! Ah ! bien, flûte !

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