‹ Petits mémoires d'une stalle d'orchestreChapitre 41 sur 47 · AU THÉÂTRE-FRANÇAIS · texte numérisé non relu

AU THÉÂTRE-FRANÇAIS

{Un entr'acte.)

PREMIER LORGNON. — Très jolic petite comédie. DEUXIÈME LORGNON. — Nou, CC n'cst pas mal,

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VOUS avez raison. Il va du sel, du sel qui piqiie. Quel est l'auteur ?

PREMIER LORGNON. — Est-ce que je sais ça, moi?

DEUXIÈME LORGNON. — Pourtaiit, cc 110 soi'ait que justice de reconnaître ce qu'il y a de mérite dans cet ouvrage.

PREMIER LORGNON. — Mon clicr, on le reconnaît assez en payant sa place.

DEUXIÈME LORGNON. — Pcrmettez-nioi d'être d'un avis contraire. Quand j'ai bu d'un bon vin, je ne suis pas fâché de rendre hommage au cru en citant son nom.

PREMIER LORGNON. — Du cliambertin, pontetcanet, léoville, on dit ça après avoir bu ; mais ça dure si peu ! Eh bien, dites, si vous voulez, Victorien Sardou, Alexandre Dumas fils, Henri Meilhac, et puis ce sera tout. — L'étiquette qui recouvre la bouteille, oui, une belle affaire ! Et combien de fois c'est trompeur, ça! Donc, quatrevingt-dix fois sur cent, on vous fait boire du nectar sophistiqué. Vous entrez, vous prenez, une bouteille qui porte ces mots sur son cou : haut sauterne ; \ons versez, et vous n'avez que de la piquette. Eh bien, c'est souvent comme ça au théâtre. Ne nous arrêtons pas au nom des producteurs.

LE BUSTE DE MOLIÈRE. — Excellent public, va!

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