‹ Petits mémoires d'une stalle d'orchestreChapitre 44 sur 47 · MAIRIE DE PUTEAUX · texte numérisé non relu

MAIRIE DE PUTEAUX

Extrait des registres des actes de décès pour Vannée 1835.

L'an 1835, le 24 septembre, à dix heures du matin, par devant nous, Julien Guillaume Jérôme, maire et officier de l'état civil de la commune de Puteaux, canton de Courbevoie, arron-

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dissement de Saint-Denis, département de la Seine, sont comparus les sieurs : Jacques-Louis Huche, âgé de cinquante-trois ans, journalier, et Joseph Hubert, âgé de trente-sept ans, jardinier, tous doux domiciliés dans cette commune et amis du défunt ci-après nommé.

Lesquels nous ont déclaré qu'hier, à cinq heures du soir, est décédé en la maison du sieur Legigan, quai Royal, en cette commune, Vincenzo Bellini, âgé de trente-deux ans, professeur de musique, célibataire, né à Catania, en Sicile. Sur quoi, nous, officier de l'état civil susnommé, après nous être transporté, accompagné des déclarants, au domicile où se trouve le corps du défunt, nous nous sommes assuré du décès. En foi de quoi nous avons dressé acte qui a été transcrit sur les deux registres et signé par les déclarants et nous, après lecture.

Suivent les signatures.

Pour copie conforme :

Le maire, Signé : Blanche.

Puteaux, le 3 février 1874.

Quel vulgaire prélude à l'immortalité !

Ceux des Parisiens qui. pendant le règne de Louis-Philippe et même au commencement du second Empire avaient l'habitude de fréquenter le Théâtre-Français, y ont beaucoup suivi des yeux, parfois admiré et souvent applaudi une actrice de talent, alors un peu chargée d'embonpoint, mais qui avait commencé, paraît-il par être et très mince, et très svelte. J'ai nommé mademoiselle Mante. A l'époque où, sous la Restauration, mademoiselle Mars, ornée de violettes bonapartistes, excitait les transports de tous les anciens officiers de la vieille garde, les jeunes gardes du corps de Charles X, par esprit de riposte, avaient suscité cette débutante en cherchant à la parer en rivale de Célimène. Il y eut, en effet, une sorte de rivalité, mais si mademoiselle Mante était plus jolie, l'autre ne cessait pas d'être plus grande comédienne.

Un jour, on fit courir dans Paris quatre vers sur cette antagonisme.

Les voici, ces vers, tel que je les ai reçus de M. Hector de Jailly, un des habitués de la maison de Molière.

Elle est Vénus, elle est charmante, Elle attire tous les regards.

Pourtant elle n'est pas l'amante De Mars.

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Ce quatrain, fait de main de maître, comme on le voit, avait pour auteur Désaugiers, le même qui a écrit le Dîner de Madelon et les pots-pourris de Cadet Buteux.

Le Guignol des Champs-Elysées était en train de rosser le commissaire. Le chat, pelotonné sur la balustrade, regardait. Un coup de bâton s'égare sur son dos.

Le chat furieux saute sur Guignol et sur le" commissaire, et, de deux formidables coups de patte, les renfonce tous deux dans le troisième dessous.

Alors, autre fureur : celle de l'imprésario, qu'on voit apparaître, la figure pourpre et brandissant un bâton plus sérieux que celui de Guignol, dont il va caresser l'échiné de ce chat assez impudent pour porter la griffe sur ses acteurs...

Quand tout à coup un des spectateurs, un monsieur de cinq ans :

— Monsieur, ne battez pas le chat ! c'est Polichinelle qui a commencé !

Ah! le joli mot, homérique à force de naïveté !

Sans doute, sans aucun doute, c'était Polichinelle qui avait commencé, et il devait être châtié; mais il v avait une autre moralité encore à tirer

de l'affaire. En donnant un coup de bâton au chat, Polichinelle avait lait trop de zèle.

Il n'est pas mal de faire voir que le trop de zèle est toujours puni.

Chez les poètes du jour, il est d'usage delraiterles actrices comme les Yisitandines de Nevers ont traité jadis leur perroquet. En d'autres termes, on bourre ces dames de friandises lyriques au point de leur donner une indigestion.

En 1856, Arsène Houssaye, directeur du Théâtre- Français, céda à la fantaisie de publier dix portraits de comédienne en relief. Dans ce Panthéon d'artistes, on voyait figurer mesdames Rachel, Dubois, Madeleine Brohan, mademoiselle Fix, Augustine Brohan, madame L. Allan, mademoiselle Favart, mademoiselle Denain, mademoiselle Bouval.

Voici le quatrain que fit Léon Gozlan sur madeselle Nathalie.

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