‹ Petits mémoires de l'OpéraChapitre 40 sur 49 · DÉBUTS DANS LE CHANT · texte numérisé non relu

DÉBUTS DANS LE CHANT

Mademoiselle Pomsot; forte voix, élève de Duprez et fille du siphon Poinsot.

Madame Tedesco ; juive, Italienne et mariée en légitimes noces à M. Franco. Du talent, de l'intelligence; a fait ses premières armes à la Havane et à New-York.

Mademoiselle Marie Dussy, ex-demoiselle Cotteret; bien

faite ; premier page de l'Opéra, premier prix de chant au Conservatoire et premier prix de cheveux à l'Opéra ! ne U manque pas de charme au théâtre, de loin...

Chapuis; belle voix dont il n'a jamais voulu se servir : 1 «Ça fatiguerait papa si je donnais mon si tous les jours, di- I sait Masset. » Ce que disait Masset, Chapuis le faisait, l'exa- | gérait encore; il économisait non-seulement ses si, mais son la, mais son .«o/, etc., etc.

Lagrave; la perle des Bordelais, qui perdit en un soir son orient à Paris. Des tics en scène, se mordant les lèvres, le nez, les oreilles ; ne sachant pas une note de musique, mais chantant comme on ne l'a jamais chanté l'air de la Favorite : Ange si pur!

DANSE

Mademoiselle Nadedja-Bagdanoff; diplomate, danseuse et Russe de la haute école. Avec ce triple talent, il est inouï que cette jeune et élégante rosière n'ait pas fait un plus grand chemin. Elle se donnait tant de peine, tant de mouvement pour se produire ! Dansait-elle un pas de trois ou quatre, après son écho, la scène lui appartenait, n'appartenait qu'à elle; elle se campait résolument sur le premier plan, et cherchait tellement à accaparer les regards qu'il n'en restait plus rien pour les autres. Ses camarades victimes se plaignirent, et l'intéressante accapareuse dut renoncer à son esprit de conquêtes ou partir. Elle préféra partir ; elle choisit, pour retourner en Russie, un moment favorable, le moment où Sébastopol venait de tomber sous les armes françaises. A Saint-Pétersbourg, elle se posa en victime de sa nationalité ; elle prétendit que les noms de ses frères, Ni-

colas et Alexandre, avaient servi de prétexte à d'indignes persécutions contre elle (dans les familles Bagdanoff et Romanoff, les mâles portent de siècle en siècle les mêmes noms) ; elle prétendit en outre qu'on avait voulu la forcer de danser au bénéfice des vainqueurs blessés de Sébastopol! On la crut, on vint la voir, la plaindre, l'applaudir. Elle était enfin prophète quelque part, prophète dans son pays!

Mademoiselle Priora; fille de l'Italie et du signor Priora, maestro di ballo. Danseuse de la grande école; cheveux trèsnoirs, œil très-noir, petites moustaches très-noires, sourcils très-noirs; quatre noirceurs qui donnent ordinairement de l'expression à une figure et qui n'en donnent aucune à la sienne 1

Le Juif errant. Toujours du Scribe ! Après V Enfant prodigue, le Juif errant. Toutes les légendes de l'histoire sainte y passent.

Dans le Juif débute brillamment mademoiselle Lagrua, élève de la Hungher. Jeune , belle, brune , bien faite ; de Tâme, du talent, de l'avenir.

Mademoiselle Courtot. Figure plus expressive que jolie. Pensionnée de la cour de Hollande.

DANSE

Régina Forli, ex-Héloïse Guerineau. La même petite Guerineau qui, au premier acte du ballet de la Gipsy, représentait Essler enfant. Un peu maigre, mais jolie, très-jolie tête

sur un col long, très-long ; talent un peu grêle. A aussi vi site les cours d'Allemagne, et particulièrement la cour ck Brunswick.

Louise Miller, opéra de Verdi.

La Fronde. Niedermayer. Opéra en cinq actes. Siœ représentations ! presque autant de représentations que d'actes ! c'est cher !

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