PAUVRE MUSSET
Dans le numéro de décembre 1907 de la Zeitschrift fur fram^sische Sprache und Litteraiury M. Eugène Ritter, de Genève, se demande avec angoisse à quel poème ou à quel roman pensait Alfred de Musset, quand il écrivait dans Nanwuna :
Oh I oui, n'en doutez pas, c'est un plaisir perfide
Q)ie d'enivrer son âme avec le vin des sens.
Et de laisser tomber, comme la jeune Elfride,
La clef d'or de son cœur dans les eaux des torrents.
Ne pourrait-on pas nous laisser le droit de croire que Musset avait lu dans sa jeunesse, les MilU et une Nuits de Galland ? Ne pourrait-on pas également
nous laisser croire que Musset a inventé cette Elfride pour la rime, son plaisir et le nôtre ?
Mais ces érudits ignorent le charme qu'il y a à ne point savoir les choses avec une trop grande précision. Elles sont si bêtes dans ce cas.