LA NEF
Les histoires qui courent les salles de rédaction ne diffèrent guère, je le pense, de celles que raconte ma concierge. Cependant elles prouvent Tignominiô des hommes.
Il faut que j'en dise une, car elle marque le déplorable état où se trouvent les lettres françaises au début de ce siècle.
M. Biémir Bourges ayant terminé la Nef, apporta son manuscrit à M. Brunetière^ directeur de la Revue des Deux-Mondes, qui le lui rendit. Il n'est pas une personne connaissant l'imbécillité du public qui n'excuse M. Brunetière, directeur de revue : une nourriture trop forte peut tuer un débile. Il n'est pas un écrivain ayant lu la Nef qui ne blâme M. Brunetière, homme de lettres.
M. Elémir Bourges s'adressa à M. Ganderax, direaeur de la Revue de Paris, qui agit avec lui comme M. Brunetière.
M. Stock, éditeur de M. Bourges, fit soumettre la A/i?/" au prince deBrancovan, directeur de La Renaissance Latine. Ce jeune homme ne s'intéressa point à cette œuvre.
M. Elémir Bourges publia la Nef dans le Mercure de France, de juin à septembre 1904.
LA VIB LITTÉRAIRE 83