‹ Petits mémoires littérairesChapitre 38 sur 47 · FORESTIER · texte numérisé non relu

FORESTIER

Blagueur!

Dans mon àme et conscience, M. Emile Augier aurait tout intérêt à se vouer exclusivement à la prose, qu'il manie quelquefois en maître. Peu de ses vers valent les jolis mots qu'il égrène sans rythme ni mesure, tels que ceux-ci :

« Les femmes à une seule chute sont rares comme le Niagara ; la plupart tombent en cascade, de curiosité en curiosité.

» Tous les enfants commencent à ressembler à leur papa, et finissent par ressembler à leur père, »

C'est encore à M. Jules Sandeau que M Augier est allé demander le sujet de sa dernière pièce : Jemi de Thommeray . 11 y a dans cette persistance quelque chose de très flatteur pour le romancier.

Actuellement l'œuvre de M. Emile Augier est aisément appréciable dans son ensemble déjà considérable.

Il y a ])lace pour trois genres bien distincts : la comédie de fantaisie, la comédie de sentiment et la conïédie de caractères.

C'est dans ce dernier genre que M. Emile Augier est

1(3 i:>lu.s supérieur, et qu'il est le plus assuré de laisser un nom.

Et, pour terminer, voilà peut-être le premier article sur M. Augier où il n'ait pas été question de Ponsard et de l'école du bon sens.

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Autre académicien. —Jules Sandeau.

Lorsque Jules Sandeau fut appelé, en 1858, à la succession académique de M. Brifaut, son embarras dut être grand. Il n'avait jamais lu une ligne de M. Brifaut. Qui est-ce qui pouvait se vanter, d'ailleurs, d'avoir ouvert un volume de M. Brifaut ? C'était le plus obscur entre tous les obscurs écrivains de la période impériale. On n'était pas plus effrontément inconnu que M. Brifaut. Auprès de lui, MoUevault était un astre, Droz était une comète.

Cependant, il fallait bien que Jules Sandeau écrivît l'éloge de M. Brifaut, Il se mit résolument en quête de renseignements. On raconte qu'au moment de commencer ses fouilles, il reçut un mot de Mérv ainsi conçu : « Méfiez-vous, mon cher ami, on vous tend un piège; M. Brifaut n'a jamais existé. »

Sandeau était tenté de partager cette opinion; mais sur des assertions positives, il reprit son travail

de mineur. Après un mois de patientes recherches, il avait retrouvé un poème de M. Brifaut et un dithvramhe de M, Brifaut. Le poème chantait le mariage de l'Empereur; le dithyrambe célébrait la naissance du Boi de Borne. Un dernier coup de pioche lit apparaître la tragédie de KùuisII^ miraculeusement embaumée.

Le 26 mai 1859, Jules Sandeau était reçu en séance publique à l'Académie française. Pâle, tremblant, il tenait un mince cahier, qui, si mince qu'il fût, paraissait lui brûler les doigts.

Ce cahier contenait l'éloge de M. Brifaut.

Dire ce que cet éloge lui avait coûté d'huile, d'efforts, de veilles, d'énergie, combien de fois il l'avait laissé et repris, c'est ce que lui seul aurait pu dire.

11 commença jiar déclarer, pour mettre un peu de sa responsabilité à l'abri, qu'il n'avait jamais vu M. Brifaut, — mais qu'il l'avait religi .-iiscinent cherché dans ses écrits et dans les souvenirs de ses contemporains, et qu'en conséquence il ne pouvait promettre qu'un crayon bien imparfait.

Gomment, après ce début, se laissa-t-il entraîner au point de vanter Ninus II?

Il faut d'abord que mon lecteur, à moi, sache que Nini'.s II, dans le principe, n'était pas Nimis II. C'était une tragédie quelconque qui s'appelait Do7i Sanche et dont le sujet était emprunté à l'histoire moderne. J'ai l'air de raconter une scie dans la manière d'Henry Monnier, mais rien n'est plus vrai. Don Sanche était sur le point d'être représenté, lorsque la censure s'opposa à la représentation. Qu'est-ce que fit l'ingénieux M. Brifaut? Il transporta la scène, de Castille en Assyrie, et transforma Bon Sanche en Nimis IL Le tour n'éLait pas difficile.

Jul\s Sandeau trouve cela tout naturel.

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« Qu'il s'appelle Niiiiis ou Don Sanche, — dil-il dans sou discours, — l'iioiuiiie est de tous les temps et de tous les pays. C'est l'iioniuic, avant tout, que le porte dramatique doit étudi<'r et s'appli(|uer à peindre; l'exactitude du costume n'importe guère, pourvu que la nature humaiiK^ vivtî et palpite sous l'habit. M. Brifaut s'était moins préoccupé de la couleur locale que des grands mouvements de l'àme ; ses personnages parlaient le langage éternel de la passion; ils appartenaient à la patrie universelle avant d'appartenir à la Caslille ou à l'Assyrie. »

S'il pouvait y avoir quelque chose de sérieux dans cette partie du discours de Jules Sandeau, il serait trop facile de lui répondre que certains faits sont inséparables des lieux où ils se passent, que certains caractères n'ont leur raison d'être que par la date où ils se développent 11 n'y aurait plus de httérature possible du moment que le Cid, Macbeth ou Rny- Rlas pourraient indifléremment aller emprunter leurs costumes à des vestiaires cosmopolites. Est-ce que M. Sandeau lui-même, au cas où ^îean de Thommeray eût été tracassé par la censure, aurait trouvé tout simple de faire passer sa pièce en Pologne ou en Italie ?

Il y aurait puérilité à insister.

« Malgré les sombres préoccupations du moment (on était en 1813), — continue Jules Sandeau, — le succès de Nitnis II fut immense; il était légitime; le souvenir en est resté. Un style brillant, plus d'une situation hardie ou pathétique, de beaux élans il'amour maternel, une vive peinture de l'ambition poussée jusqu'au crime et du crime aux j)rises avec le remords, ont sauvé l'œuvre de l'oubli. »

Mais citez donc un seul vers dans ce cas !

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Mais osez donc nous indiquer un de ces beaux élans !

Mais montrez-nous donc cette hardiesse ! Faitesnous donc toucher une de ces situations pathétiques !

Non, rien n'a sauvé l'œuvre de l'oubli et rien ne méritait de la sauver ! Gomme tout le monde, vous ignoriez Nimts II avant d'être académicien, et maintenant que vous l'êtes, la sueur vous vient au front en songeant que vous êtes obligé d'appeler cela une œuvre !

Cela ne serait rien et cela rentrerait après tout dans les nécessités des concessions académiques si Jules Sandeau, mentant à son âge, à ses relations, à tout ce qu'il y avait en lui de chaud et de vibrant, n'avait cru devoir couronner cet éloge d'une pièce ridicule par une attaque gratuite et prématurément sénile à quelques hommes de son époque : « La jeune génération, infatuée cVelle-mûmey fait assez bon marché de ces succès refroidis par le temps. Il est bon de lui rappeler que le monde ne date pas du jour où elle est née; que le talent et l'enthousiasme existaient avant elle; qu'elle doit vieillir à son tour, et que le dédain du passé est tout à la fois une faute de goût et un manque de prévoyance. »

J'imagiTie qu'à ce passage bien des fronts chauves ont dû s'incliner en signe d'assentiment, bien des vieilles poitrines ont dû tressaillir d'aise à cette semonce adressée à la jeunesse. Les vieillards aiment si peu à accepter les jugements des jeunes gens, leurs juges naturels cependant ! J'aurais compris cette complaisance de Jules Sandeau à propos d'un Chateaubriand ou même d'un Soumet; mais elle manque absolument son effet à propos d'une individualité aussi chétive que M Brifaut. Le temps, pour iiie servir de son expression, ne refroidit que les succès qui

manquent absolument de vitalité, et la jeunesse, dont ItMillinusiasme sait où se porter, s'honore justement par le dédain d'un passé qui n'est représenté que par des œuvres aussi misérables que Nimts II.

On ne s'étonnera pas de ce qu'essayant de porlraicturer certains académiciens, je m'arrête surtout sur cette phase principale de leur existence : leur entrée à l'Académie. C'est le plus beaîi jour de leur vie ; c'est aussi celui où leur attitude, leur langage, tout a une signification, tout est un engagement.

Jules Sandeau ne cherche pas à dissimuler les chutes de Jane Gray et de Charles de Navarre. « M. Brifaut n'était pas, dit-il, de ces écrivains opiniâtres qui s'acharnent (i vouloir amuser les gens malgré eux ; après deux sommations, il se tint pour averti : il renonça aux hasards du théâtre et se retira dans les salons, où il ne devait compter que des succès. »

Ce mot de salons revient fréquemment dans le discours de M. Sandeau :

« Déjà les salons ne l'attiraient pas moins que le théâtre

» Les salons se disputaient sa présence

» llepoussé au théâtre, il se réfugia dans les salons aristocratiques

)) Il produisait sans relâche, cet homme que les salons pensaient posséder tout entier »

Que M. Ikifaut reste au salon; je n'hésite pas à croire que là était sa vraie place. Son biographe raconte qu'il avait trouvé dans la maison du duc d'I'zès ce que la Fontaine avait trouvé chez madame de la Sablirrc. Hjcn de mieux. Sandeau part de là }tour

établir un parallèle entre M. Brifaut et Voiture,

car il n'ose pas le comparer à la Fontaine. 11 lui

trouve un charme, une grâce, une élégance comme à Voiture. « Ses lettres, ses billets surtout, ses billets du matin sont d'un joli tour, d'une vive allure, et je regrette qu'on ne les ait pas recueillis. » Je le regrette également; le beau livre que nous aurions eu là : les Billets du matin de M. Brifaut !

J'abrège. Le discours de Jules Sandeau, étroit et gêné, se relève à la fln par un éloge spontané de Balzac, « le romancier le plus profond, un des plus vigoureux génies de notre siècle. »

A la bonne heure !

Les commencements littéraires de Sandeau ont une grâce romanesque. Léonard- Sylvain -Jules Sandeau arriva d'Aubusson à Paris vers 1830, à peine âgé de vingt ans.

On le destinait au droit, il se destina à la littérature. Son premier roman fut écrit en collaboration; il était intitulé Rose et Blanche, et signé Jules Sand. — Base et Blanche ne parait pas avoir eu un grand retentissement, malgré la vignette romantique dont l'éditeur l'avait décoré, et bien que les exemplaires en soient introuvables aujourd'hui, La collaboration fut brisée et elle ne se renoua jamais.

Seul désormais, Sandeau s'achemina vers les revues qui lui furent hospitalières. C'était un jeune homme très doux et suflisammcnt paresseux pour ne point alarmer ses confrères. Il rencontra sur le seuil de la Revue de Paris un autre jeune homme aussi doux que lui, M. Arsène Houssaye, avec qui il se lia d'amitié, — et avec (j[ui il publia un livre de nouvelles blondes.

Jules Sandeau était déjà ce talent délicat et ému que l'on coun.UJ,. Ses petites compositions «l'un accent

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juste et (in, entrant dans le cercle intime des sensations du foyer, plurent sur-le-champ aux femmes. EncourujLj'é, il t''Uir^Mt son cadre et écrivit un roman en deux volumes : Marianna.

On trouva que cela rimait furieusement avec IncUana. Du moins, c'en était ,'une espèce de contrepartie. Jules Sandeau y exposait, avec les couleurs particulières à son tempérament élégiaque, les inconvénients et les mélancolies de l'adultère. On y voyait une femme exaltée quitter son mari et sa famille pour suivre un amant ; puis, abandonnée par cet amant, en prendre un second et faire souffrir à celui-ci tout ce qu'elle avait souffert par celui-là.

Il y eut des gens pour voir là-dedans plus que ce que l'auteur avait voulu y mettre. Ajoutez les paysages du Berry comme toiles de fond, et vous conviendrez que la curiosité avait quelques motifs d'être en éveil.

Marianna réussit beaucoup. V\\ feuilleton tout entier des Débats, signé J. J. (et recueilli plus tard dans les six petits volumes des Catacombes), vint consacrer ce succès. « Ce livre — disait le feuilleton en terminant — a été inspiré à son auteur par une de ces douleurs profondes et sincères qui remplacent et au delà l'inspiration la plus puissante. C'est le plus net, le plus chaleureux panégyrique qui se puisse faire ■ du mariage si cruellement attaqué, insullé de nos jours. Lisez donc cctto liisloire dt; Marianna ! I/anlcui' vous est connu à plus d'un titre: il s'appelle Jules Sandeau. Avec la moitié de son nom a été composé le nom le plus célèbre, le plus mystérieux et le plus terrible de celenips-ci. »

Le succès de Marian)ia !•' lira l'ntièreiurnt de page, ])e \ii Revue de Paris '\\ pa>sa à la IV'vnc des Deux-

Mondes, où il s'est maintenu pendant trente ans environ et où il a publié la plupart de ses ouvrages, — sauf quelques excursions à la Mode, à la Presse, au Moniteur et au Musée des Familles.

Je ne rappellerai pas tous ses ouvrages ; ils sont connus et très goûtés. M. Sandeau excellait particulièrement dans la peinture des vieux intérieurs de province, des appartements solennels, des parcs dévastés. Il savait donner un charme pénétrant aux développements d'une passion combattue. Son style avait de la race et de la poésie.

Balzac faisait grand cas de Jules Sandeau.

Celui-ci n'a pas attendu la mort du maître pour se montrer reconnaissant : lors de la réimpression des romans de jeunesse de Balzac, il lui consacra une notice assez étendue qui se trouve en tête du premier volume de la Dernière Fée, et que je recommande aux curieux.

Ce n'est que sur le tard que Jules Sandeau s'est avisé d'aborder le théâtre. On avait déjà fait des drames avec Fernand, des vaudevilles avec Vaillance et le docteur Herheau, jusqu'au jour où, moins insouciant, il essaya de transporter lui-même ses livres à la scène. Il y fut poussé par quelqu'un, j'imagine ; on a prétendu que cela avait été par l'acteur Régnier. Tirée d'un de ses romans. Mademoiselle de la Seiglière a été une des comédies les plus jouées du Théàtre-Franoais.

Cette heureuse chance le porta à extraire d'autres pièces de ses autres livres ; il fut aidé dans cette besogne de carrier dramatique par M. Emile Augier ; le meilleur fruit de cette collaboration est resté le Gendre de M. Poirier,

Jules Sandeau est un des hommes qui ont eu le

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moins à se plaindre de la critique (l). On lui a fait le chemin aisé.

(1) Une seule fois, Jules Sandeau s'est vu en butte aux railleries un peu lourdes d'un ancien ami, et caricaturé plutôt que peint sous le nom d'Eutidème dans les Jeudis de madame Charbonneau, — un pamphlet pro- A^incial écrit avec \a plume de Jérôme Paturot. La plaisanterie dépassait le but; elle manqua son effet et se retourna contre l'auteur. Il n'est pas défendu de rire, même à un g'entihomme du comtat Veuaissin ; il n'est pas défendu de s'essayer dans la satire, même à un srave écrivain de revues, — mais à la condition d'apporter de la légèreté, de l'atticvsme, de la vraisemblance. Rien de tout cela dans les Jeudis, qui demeureront une des grosses erreurs, la plus inattendue, la plus complète, d'un esprit qui, jusqu'alors, avait passé son temps à prêcher les convenances et la di^^nité dans les mœurs littéraires.

CHAPITIIE XXX

Autre académicien. — Octave Feuillet.

M. Octave Feuillet, qui devait exceller, à un certain moment, dans la peinture des mœurs de province, est né en pleine terre provinciale, à Saint-Lô, la plus jolie, la plus pittoresque et la plus calme de toutes les petites villes normandes. Je n'y ai passé qu'une fois, et je la revois toujours, vieille et fleurie, avec ses rues escarpées, ses maisons noires, et sa superbe église bâtie sur un rocher qui domine une vaste étendue de pays, toute une campagne fertile, aux lignes harmonieuses.

Ce paysage suffirait, au besoin, à expliquer le tempérament littéraire de M. Feuillet, d'après la théorie des milieux de M. Taine. Qu'on y ajoute la vie de famille dans ce qu'elle a de modeste et de charmant, mais d'un peu froid ; les tableaux reposés qu'il eut tout d'abord sous les yeux ; la vue continuelle d'un horizon agreste ; l'aspect du va-et-vient des femmes

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(lu peuple en coiffes ; le son dolent et monotone des cloches ; — et l'on comprendra la formation insensible de cette intellij^'once discrète, servie par des organes délicats et nerveux.

Il fut envoyé à Paris pour faire ses études, et il y devint le bon collégien qu'on avait espéré. Destiné à être avocat, il apporta au vœu paternel une résistance qu'il mit sur le compte de la timide et d'un léger défaut de prononciation, mais qui, en réalité, était l'efTet d'une vocation littéraire. Il avait mordu en cachelLe aux fruits de l'arbre de la science du beau et du laid; la récolte devait y passer tout entière.

On commence comme on peut. M. Octave Feuillet commença par des drames et des vaudevilles. Les drames sont au nombre de trois, tous l<^s trois en cinq actes : Echec et Mat, joué à l'Odéon en 1846, Palma ou la Nuit du vendredi saint, à la Po rie-Saint- Martin en 1847, et la Vieillesse de FUchelieu, à la Comédie-Française, en 1848. Tous les trois ont été écrits en collaboration avec M. Paul Bocage, un neveu de l'acteur de ce nom, et joués par ce dernier. M. Octave Feuillet n'a rien à répudier de ces ouvrages qui ont parfaitement réussi, et qui, loin de trahir une inexpérience dramatique, dénotent au contraire une entente consommée des ressorts de la sc^ne (l). Il y a, princi-

(1) N'est-il pas .juste de f ii:e en grande partie honneur de cjtte habileté, — que M. Feuillet n'a pas toujours re-isaisie depuis, — à ce collalïora'ieur doué très paitieulièiement, éle/é en plein milieu théâtral, et ((ui méritait une chance meilleure ? Xatu.e ouverte et pleine d'cllusio 1, ligure éclairée et riante, M. Paul Llocay^e, sympathique à tous, aimé de Gérard de Nerval et de Georije Sa:id, semblait appelé à un bel avenir litréraire. Au sortir de sa collaboration avec M. Octave Feuillet, ilsub t la tasr-ination d'Alexandre Duma-^, comme plusieurs a .ires, et i! imi ra i!a i ; o i o \\ ■wa e • qi ii;r<'' de pré^a-

paiement dans la Vieillesse de Richelieu une aisance d'allures, une variété de situations, un enjouement de dialogue, qui en rendraient la reprise fort agréable.

Tout semblait l'encourager dans ce chemin facile et heureux ; cependant on le vit s'arrêter et tourner court. Que lui était-il donc arrivé ? C'est qu'entre rOdéon et le Théâtre— Français il avait rencontré une oasis à son gré, la Revue des Beux-Mondes, un refuge de haut lieu, quelque chose comme ces aristocratiques couvents d'où l'on peut sortir à toute heure, sous la condition d'être rentré avant minuit. La Revue des Beux-Mondes demeurait alors rue Saint-Benoît, à un entresol précédé d'un petit jardin que toute la littérature contemporaine a traversé. Il faut croire que ce petit jardin, malgré ses maigres bordures de buis, rappela un peu Saint-Lô à M. Octave Feuillet, puisqu'il s'y installa, non pas pour quelques jours, mais pendant plusieurs années, régulièrement.

Il y commença une série d'esquisses dialoguées, de proverbes, de saynètes ; le dramaturge de la veille se réduisit aux proportions d'un imprésario de paravent.

Les premières de ces compositions n'ont que la valeur de simples essais ; le pastiche s'y affiche avec candeur. Ce sont des puérilités cavalières, des contes d'Espairne et d'Italie^ des fantaisies à panaches et à éperons, un romantisme de seconde main. M. Octave Feuillet employa ainsi un an ou deux à se débrouiller;

rateur. Il ne s'est jamais retrouvé complètemeut. Que de dons gaspillés ! — Il a pourtant écrit et sioûé seul les Puritains de Paris, un romau en 20 volumes. Vingt volumo.s ! pas un de moins. — Je m'en serais voulu, et M. Octave Feuillet aurait été le premier à m'en vouloir égslemeat, de n'avoir pas restitué à M. Paul Bocage la part de lumière qui lui revient, si fugitive qu'elle ait été,

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