‹ Petits poémesChapitre 19 sur 29 · PREMIER CHANT · texte numérisé non relu

PREMIER CHANT

G*était le soir, à Theure où dans un ciel de braise

L'implacable soleil penche son front pâli ;

Où, désertant Stamboul transformée en fournaise,

Le pacha cherche au loin le frais à son Yali ;

A rheure où les harems vont respirer à Taise

Aux Eaux-Douces d'Asie, ou, sans changer de bords.

Errent sous les cyprès dans les deux Champs-des-roorts.

A l'échelle bruyante où Top-Hané s'élève.

Les rameurs aux bras nus attendaient sur leurs bancs;

Deux femmes tout à coup débouchent sur la grève :

Tous veulent s'arracher les deux fantômes blancs.

Un seul des caïdjis à Técart suit son rêve,

Et , sans s'inquiéter si c*est lui qu'on prendra ,

Chante, et d'un doigt distrait frôle sa tamboura '.

— « «Laisse ta tamboura, lui dit Tune des dames,

Et quel que soit ton prix, jeune homme, conduis nous.i

Le caïdji se lève, ajuste ses deux rames.

S'affermit sur ses pieds nus comme ses genoux ,

Laisse à peine le temps de s^asseoir aux deux femmes,

Et d'un coup vigoureux de ses muscles de fer

Enlève et fait bondir son fardeau sur la mer.

i. Mandoline turque.

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