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O les vives chansons qui montent des prairies ! Les doux arômes dun foin mûr !
0 le soleil ardent ! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d’asur !
Sur la forêt lointaine L'aube soulève à peine Sa paupière aux cils d’or, Et l’alouette vive
Sur le tuf de la rive
Ne danse pas encor.
Prenant sa faulx tranchante, Avant que l'oiseau chante Dans le buisson fleuri,
Le paysan agile
Retourne au pré fertile
Où le trèfle a mûri.
Et le foin plein d’arôme Sur le sol qu’il embaume Se couche frémissant, Comme sur le rivage,
Le frêle ajonc sauvage, Sous le flot incessant.
O les vives chansons qui montent des prairies ! Les doux arômes du foin mûr !
0 le soleil ardent ! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d’azur !
Sur la cime vermeille Cependant se réveille L'harmonieux pinson, Et, prenant sa volée, A travers la vallée
Il chante sa chanson !
Et la fraîche rosée Qui s'était déposée
ES
Sur le rameau mouvant S'échappe, à son passage, Du verdoyant feuillage Comme au souffle du vent,
Et l’on dirait que l'aile
De l’humble philomèle, Dans ses doux battements, Fait pleuvoir sur les herbes Les scintillantes gerbes
De mille diamants.
O les vives chansons qui montent des prairies ! Les doux arômes du foin mêr!
0 le soleil ardent ! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d’azur !
La jeune paysanne,
Qui s'avance et ricane, Tient, dans sa brune main, Une fourche de saule,
Et, sur sa ronde épaule, Un vase d’eau tout plein.
La coquette églantine Semble moins purpurine Que n'est sa joue alors :
Uu corsage de toile
Avec chasteté voile Les grâces de son corps.
On dirait qu’elle rêve Lorsque sa main soulève Les trèfles empourprés, Et, qu’à chaque secousse, Une odeur neuve et douce S'exhale des verts prés.
O les vives chansons qui montent des prairies ! Les doux arômes du foin mûr !
0 le soleil ardent ! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d’azur !
J'entends, par intervalle, Comme ur bruit de cymbale Qui retentit pressé :
Pour affiler sa lame
Que le silex entame
Le faucheur s’est dressé,
Il a pris, tout humide, Dans le vase limpide, La pierre au rude grain, Et, d’une main précise, Sur l’acier qui s’aiguise La promène grand train.
En se contant fleurettes, Les gars et les fillettes, Munis de leurs rateaux, Amassent, desséchée, L'herbe molle conchée Par la mordante fantx.
0 les vives chansons qui moutent des prairies ! Les doux arômes du foin mûr !
O le soleil ardent! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d'azur !
Satisfait de l'ouvrage
Qu'il fait avec courage Depuis que l'aube à lui,
Le faucheur, sur la plaine, De temps eu temps promène Son œil autour de lui.
Sur sa faulx il s'appuie, Et, de sa main, essuie Son front tout ruisselan t, Car une effluve chande Sur le pré d’émeraude Cireule maintenant.
Et, le loug des clôtures, Les pesantes voitures
Que traînent les bœufs roux Amènent à la grange
Le foin mûr qui s'effrange Aux épines du houx.
O les vives chansons qui moutent des prairies ! Les doux arômes du foin mûr !
O le soleil ardent ! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d'azur !
La verte sauterelle Sur latire nouvelle Découpe sou profil.
La libellule rase
De sou aile de waze Les aigrettes du mil ;
Et, d'une ardeur égale,
Le grillon, la cigale Chantent leur chant joyeux ; Dans le ciel la dernière,
Lo grillon, sous la pierre Qui le dérobe aux yeux,
Ainsi l’humble chaumière Et la demeure altière
Out des chants de bonheur ; Et que nul ne s'étonne,
Car c’est une œuvre bonne Que l’œuvre du Seigneur,
O les vives chansons qui montent des prairies ! Les doux arômes du foin mûr!
O le soleil ardent ! Les riches draperies Qui flottent sous le ciel d'azur !
Cieux, déroulez sur notre tête
Vos voiles de Pourpre et d’azur !
Soleil, brille d’un feu plus pur !
Que la terre en ce jour revête
Toute sa gloire et sa beauté!
Que l’onde plus mollement coule
À travers le pré velouté!
Que l'oiseau plus gaîment roucoule !
Que tout s’unisse à ces concerts D'un peuple qui demande place Parmi les grande peuples qu'embrasse L’orbe éclatant de l'Univers !
Ah! prêtez-moi votre voix infinie,
Chœurs éternels que j'entends en tout lieu!
Ah! prêtez-moi votre sainte harmonie, Esprits d'amour qui chantez devant Dieu !
Aurore blonde, De tes doux feux Eclaire, inonde Les champs des cieux ! Parais, lumière,
O jour, parais !
Que la chaumière, Et le palais,
Que la rivière
La cime altière De nos forêts
Et la poussière De nos guérets
Tressaillent de joie !
Que le papillon
Dans le chaud rayon
Du jour qui le noie,
Se berce et tournoie Comme une fleur au veut !
Qu'une chanson plus douce Monte du nid de mousse Sur le rameau mouvant !
C’est la fête immortelle Et sans cesse nouvelle
Où l'amour se révèle, | L'amour du sol natal !
* Où l'espoir se ranime A ton aspect sublime, Drapeau national !
C’est l'heure douce et pure 4 | Dans toute la nature ie Où le peuple se jure 1" Une sainte union ! ‘4 Où ta force s’atirme, 4 Où le Seigneur confirme 4
Tes droits, 6 nation !
1j Ki Peuple, ouvre ton cœur à la joie! 4 Défends tes lois, ta liberté ! 5 Peuple, bénis la main qui broie DA:
Les fers de la captivité ! 1 | 4
Abhorre le froid égoïsme ;
Il traîne un peuple au servilisme Et le déporlle de son cœur !
À l'horizon des tem ps, regarde , Tout ce que l'avenir te garde 4 De paix, de gloire et de splendeur!
“Tri N’écoute pas la voix du traître :2È Pour qui tu n’es plus qu'un troupeau ! .., : 1 Brise le sceptre de ton maître ti S'il devient le fouet d'un bourreau !...
Ne laisse pas la tyrannie
Mettre un cachet d'ignominie
Sur ton sacré bandeau de roi !
Et souviens-toi que ton pied foul:
Un sol où depuis longtemps coule Le sang des héros de la foi !
Peuple, tu te souviens encore Des grandes leçons des aïeux ?
Tu te souviens que ton aurore D'un vif éclat remplit les cieux ?
Que les langes de ton enfance
Etuient ces drapeaux que la France Promenait au champ de l'honneur ? :
Qu'au bruit d’uñe salve guerrière |
Le feu brillait sous ta paupière Et les élans brisaient ton cœur ?
Qui donc dit que tu dégénères,
O peuple autrefois tant vanté ?
Que dans leurs sépuleres tes pères S'indiguent de ta lâcheté?
Que muet tu courbes la têt:
Sous le joug honteux que t'apprète N'importe quel maître ctranser ?
Qu'en tombant tu n'aurais pas même Pour le tyran un anathôine,
Pas même un fils pour te venger?
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Pme
MS Ce Se
s-tu donc, 6 Patrie, Une terre flétrie
D'où s'enfuit la vertu ?
O ma Patrie, es-tu
La Vierge couronnée Qu'une troupe avinée Traîne dans les égouts ?
N’as-tu plus l'innocence, La gloire et la puissance Qui faisaient des jaloux ?
ben, Feu 2 Er
ue
due He = Qu ce
Je t'aime, 6 sol natal! je t'aime et te révère !
Que Dieu verse sur toi ses bienfaits les plus doux ! Jusqu'au jour où le ciel deviendra notre terre
La terre où nous vivons doit être un ciel pour nous !
Je vous aime, rivages,
Ciel de feu, blanes nuages, Flenves majestueux,
Bois remplis de mystères, Montagnes solitaires, Forrents impétnenx,
Hivers, vents et tempôtes, Printemps d'aimour qui jettes Mille arômes nouveaux,
Eté d'azur, automne
Que la moisson couronne, Brillants chœurs des oiseaux ! .…
Je t'aime, Ô sol natal! je t'aime et te révère!
Que Dieu verse sur toi ses bienfaits les plus doux ! Jusqu'au jour où le ciel deviendra notre terre
La terre où nous vivons doit être un ciel pour nous !
O Patrie adorée,
Est-il une contrée
Aussi belle que toi ?
Aux jours sombres d'orage Tu puises le courage Dans l'amour et la foi !
Tu n’es pas affaiblie
Pas un lâche repos !
O terre des héros,
J'u n'es pas avilie !
Non! j'en appelle à vous, Antiques sanctuaires Où je prie à genoux,
Non! j'en appelle à vous, O cendres de mes pères!
Sortez de votre tombe, ô Mânes des aicux !
Laissez vos linceuls de poussière !
Secouez le sommeil qui pèse sur vos yeux, Mânes, parlez à ma prière!
Dites, n'est-il plus beau votre cher Canada Et sa gloire est elle périe ?
La terre qu'autrefois votre sang féconda N’est-elle plus jamais fleurie ?
Voyez nos champs couverts d'une riche MOÏSSON,
en Een cou
Voyez nos villes florissantes !
oux ! Dans nos beffrois d'argent entendez-vous le son De nos cloches retentissantes ? .., nous ! Ah ! si notre vertu chancelle un seul moment,
Si jamais notre honneur suceombe, Pour nous marquer au front d'un stigmate infâmant, Mânes, sortez de votre tombe a
Sortez de votre tombe, à Mânes des aïeux !
Un peuple entier est dans l'attente !
Mânes, pour le juger paraissez en ces lieux!
Dites si d'une âme contente Il ne s’élance pas an milieu du danger, Si son front porte quelque honte, Sil s’est laissé flétrir par un maître étranger ! Connait-il un bras qui le dompte Ce peuple de héros que vous avez formé ?
Sa foi s’est-elle done éteinte ?
Le temple qu'il vénère est-il Jamais fermé ?
Et quand s'est-il courbé par crainte Devant l’iniquité qui violait ses droits ?
A-t-il l'air d'un peuple qui tombe ?
Pour le dire aux pervers qui méprisent ses lois, Mânes, sortez de votre tombe !.
O mon luth, suspends tes accords } Repose aux branches reverdies,,.,, Quel flot de saintes mélodies S'élève soudain de nos bords !..
Est-ce votre voix infinie,
Chœurs éternels que j'entends en tout lieu?
Est-ce votre douce harmonie,
Esprits d'amour qui chantez devant Dieu ?
t lieu ?
Dieu ?
À travers les rameaux d’une forêt épaisse
Le vent faisait entendre un long gémissement :
La neige, en tourbillons, roulait, roulait sans cesse, Et les ombres du soir montaient au firmament,
Au bord de la forêt était une chaumière Au toit garni d'écorce, obscure et triste à voir ; Le jour, quatre carreaux lui donnaient la lumière,
Mais nulle lampe, hélas ! ne l'éclai ait le soir,
Une femme, encor jeune et portant comme un voile Sur son front incliné les traces du chagrin,
Etait assise seule à la porte du poêle, Et filait sa quenouille en chantant un refrain.
Auprès d'elle un enfant, sur un grabat de mousse, Doucement s’endormait en priant le bon Dien.
Ernest avait dix ans : sa parole était douce ;
Il était le meilleur des enfants de ce lieu.
Et puis, de temps en temps, la solitaire femme Regardait une croix pendant aux murs noireis : Alors un long soupir s'échappait de son âme,
Et sur sa main tombait son front plein de soucis.
De temps en temps encor sa paupière baissée Laissait couler des pleurs qui semblaient supertlus. Elle n’espérait point. D'une voix oppressée
Elle disait : O ciel Lil ne reviendra plus!
Et comme elle chantait, unissant son cantique A ce gémissement du vent impétueux,
Un homme vint frapper à sa porte rustique.
Il entra s'appuyant sur un bâton noueux.
Elle trembla de peur ainsi qu’une colombe Tremble, au fond de son nid, à l’aspect d’un vautour. 4 Femme, dit l'étranger, de fatigue je tombe : Puis-je ici de l'aurore attendre le retour Va
cis.
rfius.
vautour.