‹ Petits poémes [microforme]Chapitre 25 sur 37 · IT TE · texte numérisé non relu

IT TE

Elle lui répondit : ‘ Le Seigneur me préserve

‘€ De rester insensible à la voix du malheur !

‘ Assoyez-vous, monsieur, et que Dieu vous conserve ! ‘Qu'il vous donne la paix et calme ma douleur pi

L'étranger vint s'asseoir près du feu sans attendre, De sa robuste épaule un manteau noir pendait ; Son œil, couleur du ciel, était brillant ct tendre ; Sa barbe en ondoyaut sur son sein descendait

—‘{ Femme, votre douleur est-elle sans remède ? “ Votre cœur abattu ne peut-il espérer ?

‘Au temps, vous le savez, toute amertume cède ; ‘ Sil remporte la peine il sait la tempérer.

—<{ Hélas! ” reprit la femme essuyant une larme,

“J'ai connu le bonheur et j'ai béni mon sort ;

“Mais pour moi, maintenant, le jour n’a plus de charme ; ‘Je n’aime plus la vie et pourtant crains la mort !

‘ Par mon travail constant j'éloigne la misère ;

‘ Et mon petit Ernest est si beau, si vermeil !

‘ Pauvre ange, il ne sait pas tous les pleurs que sa mère ‘ Verse pendant qu’il dort d’un paisible sommeil !

‘* Le cher petit n’a point sou venir de son père, ‘© Car il ne laissait pas encore mes genoux

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& Quand cet homme adoré, sur la rive étrasgtie, & Pour recueillir de l'or, s’en alla loin de nous.

& Nous n'avions pas besoin de ces richesses vaines, & Nous nous aimions tous deux et c'était le bonheur. « Souvent la pauvreté voit des heures sereines,

& Et l'or ne guérit point les blessures du cœur !

& Ah! si je le voyais avant que de descendre

& Dans le sombre tombeau que m'ouvrent les ennuis!

& Je prie en vain le ciel, il ne vent pas m'entendre,

& Et les jours ont pour moi plus d’ombres que les nuits ! ”

Elle disait ainsi les chagrins de sa vie,

Et des larmes tombaient des yeux de l'inconnu ; Il se jette soudain dans ses bras et s’écrie :

“ Femme, console-toi, ton époux est venu |! ”

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nes, heur.

nnuis !

dre, j 8 nuits ! ”

O vous qui m'avez dit : ‘ Ne laisse ni ton chaume, Ni tes bois, ni tes prés en fleurs :

La gloire te sourit, mais ce n’est qu’un fantôme Paré de brillantes couleurs :

Aux branches de l’ormeau suspends ta faible lyre, Car nul ne voudra t’écouter :

Laisse chanter l’oiseau dans son heureux délire, L'homme n’est pas fait pour chanter.”

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Non, vous ne savez pas que ce feu qui me ronge Est sorti d'un foyer divin !

Que cette rêverie où mon âme se plonge N'est pas un travail toujours vain !

Nou, vous ne savez pas qu’une amère souffrance Pèse sur mon cœur, sans pitié !

Que je ne veux du ciel que la douce espérance, Et du monde que l'amitié !

Arrêtez dans son cours le frais ruisseau qui coule En murmurant dans la forêt !

Empêchez les ébats du pétrel sur la houle Ou du grillon sur le guéret !

Et mes cris de douleur et mes chants d’allégresse Ne monteront plus vers les cieux !

Et ce luth frémissant sous ma main qui le presse Demeurera silencieux !

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Rivage où je soupire Courbant mon front souffrant, Brise dont je respire

Le dictame enivrant,

Feuille qui tourbillonnes Dans la pourpre du soir, Etoile qui rayonnes

Comme un riche ostensoir,

Vous publiez sans cesse, Du Dieu qui vous a faits, La suprême Sagesse

Et les divins bienfaits !

Quand sa voix vous appelle Vous venez aussitôt

Et son nom que j'épelle Vous le chantez bien haut!

Seigneur, dans la nature Tout soupire pour toi!

Ton humble créature

Bénit ta sainte loi !

Seul l’homme, dans la fange Dont ta main l’a pétri, Traîne sa face d'ange

Et son cœur tout flétri !

Avec le pré qui fume Déchiré par le soc,

Et le flocon d'écume

Qui va blanchir le roc,

Et le nuage sombre

Que fendent les éclairs, Les atômes sans nombre Qui flottent dans les airs ;

Avec le vent qui pleure En berçant le roseau,

Avec l'arbre qu'efheure Le gai petit oiseau, Avec le flot de moire Qui murmure et s’en Va, Je veux dire ta gloire, Eternel Jéhova !

Votre froideur m'étonne, O Mortels aveuglés!.....

Souflez, brises d'automne, Sur nos plaines souflez !

Si l’homme, dans ses fêtes, Chante ses voluptés,

Sa gloire et ses conquêtes . ....

Pour Dieu, brises, chantez!

Dis sa colère, à foudre, En réduisant en poudre

Le chêne orgucilleux Porte sa gloire, Ô nue, A la plage inconnue,

Au roc sourcillenx.

Que ta voix sublime, Insondable abîme,

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La maguificence ! A Chante en son honneur, 4 Chante sa puissance, 7

Grande voix des mers !

Que les flots amers Aux échos sauvages ah Des lointains rivages Content son amour !

Que l’airain sonore 14 Dans les tours que dore | Le rayon d'aurore Chante et vibre encore !

Que dans sou séjour De mousse et de feuille, Dès le point du jour L'oiseau se recueille, Jette, radieux, Ses notes limpides, Ses trilles rapides, Ses cris glorieux !

Que le vent qui passe Trafnant dans l’espace La feuille des bois :

Que l’insecte qui rase, De son aile de guze, La coupe que je bois ; Qu’une voix solennelle,

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Eclatante, éternelle Retentisse en tout lieu !

Qu'ici-bas tout s’unisse, Tout proclame et bénisse Le nom sacré de Dieu !

(Traduction)

Lorsque les feux du jour commencent à s’éteindre,

Que de son aile noire, au loin, la nuit vient ceindre

Les lacs aux flots d'azur et les bois et les champs,

Le tumulte se tait, le travail se repose,

L'oiseau vole à son nid, le zéphire, à la rose .. C’est aussi l'heure des enfants !

Dans la chambre, là-haut, j'entends un bruit étrange Et plus d’un pied mignon qui soudain se dérange

Et froisse, en trottinant les dessins du tapis ;

J'entends le son plus sourd d’une porte qu’on pousse,

Et des petites voix, l’une humble, l’autre douce, Qui bruissent comme des épis.

De l'étude où je suis, ma lampe qui scintille Me laisse apercevoir une forme gentille Qui descend l'escalier au fond du corridor ; C’est ma chère Allérra, ma petite rieuse ; Alice est avec elle, et fait la sérieuse,

Et puis Edithe aux cheveux d’or !

Elles se parlent bas d’un ton plein de mystère...

L'une à l’autre, aussitôt, fait signe de se taire...

La joie éclate bien dans leurs regards coquins !

C’est, sans doute, un complot qu’en secret l’on machine...

Il me vient des soupçons! ..., On veut, je le devine, Me surprendre sur mes bouquins !

Et la troupe enfantine avec ardeur s’élance

Par trois portes où j'ai négligé la défense,

Et franchit vaillaumment mes superbes remparts !

Le succès l'encourage ! Elle monte à son aise

Sur les bras, le dossier de mon antique chaise !.... Je suis cerné de toutes parts !

Pour se tenir sur moi l’une à l’autre s’ippuie :

Leurs baisers sur mon front tombent comme une pluie : Elles m'ont fortement enchaîné dans leurs bras !

Je suis, comme autrefois, cet évêque célèbre

e, Captif aux bords du Rhin, dans une tour funèbre, Qu'on appelait la tour des Rats.

Mais croyez-vous vraiment. adorables canailles, Parce que vous voila dins mes vicilles murailles, Que de vos orands Veux bleus, moi, je vais avoir pour ? Je vous retiens ici, mes charmantes ouerrières! Vous ne sortirez plus! Vous êtes prisonnières, Et prisonnières dans mon cœur!

Inutile pour vous de aire les rétives ;

M dé Vous êtes bien à moi, vous êtes mes captives ! a Ma victoire ninspire une Juste fierté !

| , Jusqu'à ce que mon cœur que la tristesse mine nachine.…. + +

; S'en retourne en poussière et soit une ruine evine ; ï Ô Vous r’aurez plus la liberté!

1e pluie :

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