‹ Petits poèmesChapitre 7 sur 30 · L'HIVER · texte numérisé non relu

L'HIVER

L'hiver ! . . . voici l'hiver ! Il plane sur nos têtes

Comme un cygne blanc snr les flots.

L'hiver sous notre ciel, c'est la saison des fêtes,

C'est le signal des longs sanglots ; C'est l'époque enivrante où plaisirs et lamières

Inondent les salons dorés ; C'est l'heure redoutable où les froides chaamières

Abritent des malheurs sacrés!

Sur le flanc des coteaux, au milieu des prairies, La neige étincelle au soleil ;

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On dirait jasqa'aa loin d'immenses draperies Aax fils d'argent et de vermeil.

Et des troupes d'enfants, au milieu de ces plaines, Glissent en riant aux éclats

Enftints que je chéris, vers la saison des peines Yons glissez bien plus vite, hélas I

Qaelqaes flocons de neige aux arbres sans feuillage

Se sont attachés, par hasard.

Comme les cheveux blancs que vient suspendre l'âge

Sur le front ridé d'un vieillard.

Le givre s'est collé, comme un rideau de gaze,

Aux vitres de l'humble réduit, Et le pauvre ouvrier que le travail écrase

Ne peut voir si le soleil luit.

Il ne voit pas, non plus, sur la neige éclatante,

Glisser ces superbes traîneaux Qu'emportent, frémissant sons la rêne flottante.

Des couples de fougueux chevaux.

Peut-être un sourd murmure, un blasphème, peat-être.

Monterait du fond de son cœur.

S'il voyait tant d'heureux passer à sa fenêtre

Comme pour narguer son. malheur.

Promenez votre orgueil sur vos riches voitures, Vous que le ciel fit naître heureux }

Enveloppez -vous bien dans vos chaudes fourrures j Fouettez vos coursiers vigoureux ;

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Ël>loai88ez le gaeax par votre absurde faste ;

Troublez ses jours si peu sereins

Il pourrait oublier qu'il est d'une autre caste.

Que vous êtes ses souveraios !

Quand minuit a sonné, que le bal se repose

Afin de mieux ee réveiller } Quand vos petits enfants aux visages de rose

Dorment sur leur tiède oreiller.

Sons le chaume du pauvre une mère travaille

Depuis le lever du matin ; Ses petits, décharnés, grelottent sur la paille

Et demandent un peu de paiu.

Pendant que le veut souffle et que la neige effleure

Vos grands châssis tout radieux.

Près d'un feu qui s'éteint, l'indigence qui pleure

Accuse peut-être les cieux.

Elle courbe son front. D'un baiser vient la mordre

Le spectre des mornes hivers ; Elle croit qu'an hasard^ dans un honteux désordre.

Dieu laisse rouler l'univers.

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