‹ Petits poèmesChapitre 8 sur 30 · LA PLAINTE DU MAUVAIS PAUVRE · texte numérisé non relu

LA PLAINTE DU MAUVAIS PAUVRE

— << Pendant qae chez le riche un grand foyer pétille^ Déployant ses rayons comme an soleil d'été ; Pendant que, dans la nait, la lampe d'or scintille, Comme Pœil d'une vierge, au plafond tout sculpté,

'^ En vain j'attise, moi, ma froide cheminée, Je ne puis réchauffer mes membres engourdis ! . . N'aurai-je donc jamais ane autre destinée f . . . . Malheur ! Je ne crois plus ni Dieu, ni Paradis ! . ,

" Ou Dieu n'est qu'un tyran. Je travaille sans trêve Pour un morceau de pain, pour un morceau de bois ! . . Quel bien ai-je ai^jourd'hui ? Chaque jour qui se lève A ma longue misère apporte un nouveau poids !

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'' Sty soas ce toit de chaame, ane pierre est mon siège ; Cette paille est mon lit, et ma table est sans pain ! Je u'ai pour me garder des rignears de la neige Qae ces méchants sonliers, qae cet habit vilain I

" Lie riche lève-t-il des mains vides de crimes Vers ce Diea sans pitié qui rit de ma doalear 7 Lie riche aide le ciel à faire des victimes, £t le ciel, en retoar, le garde da malheur.

Poar prétendre à la paix qu'a-t-il fait dans la vie ? A-t-il gravi le roc où monte la vertn ?

A-t-il prié le Dieu que ma bouche injurie Pour qu'il fit reverdir son conrage abattu ?

'* Pourquoi n'être point mort dès le sein de ma mère ? Pourquoi dans le néant n'être point rejeté f Dieu cruel, le tourment de ma vie éphémère Etait-il nécessaire à ta félicité 7

'* Je ne crois pas en Dieu, jo me plais à le dire j Un Dieu pourrait-il donc avoir un cœur de fer ? S'il existe qu'il frappe, et qu'à l'instant j'expire ... Nous nous réchaufferons au feu de son enfer I "

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