LE RESTAURATEUR DU EOIS DE BOULOGNE
rer les antagonistes ; à côté de ces armes innocentes, des pistolets de la même trempe. Il saisit les plus formidables; ils étaient encore^^out chargés, et il s'estima heureux d'être débarrassé de cette peine. Il allait mourir ! Mais à Finstant sa fille accourt; elle ne soupçonnait pas les projets de son père. « Mon père! nous sommes sauvés, lisez la Quotidienne. — La Quotidienne! Ah! ma fille! c^est ce funeste journal qui, avec ses idées de morale auxquelles je n'entends rien , est cause de ma ruine. Elle a dit cent fois que le duel était un crime, et, le vois-tu? c'est pour lui faire plaisir qu'on aura fait cette loi. — 'Mais vous n'y êtes pas. La voici, cette Quotidienne. Elle prouve que la loi qui vous fait peur ne change rien aux choses, et qu'on pourra venir au bois de Boulogne comme par le passé. — As-tu bien lu? — Lisez vousmême. y> Le bon restaurateur, à ces mots , laissa tomber les pistolets déjà chancelants dans sa main. Il ne s'attendait pas que la Quotidienne l'empêcherait de m.ourir, et, dans sa joie, il se remit à engraisser des volailles , à préparer des déjeuners friands et à fabriquer à force du Champagne.
Ses amis songeaient à faire pour lui une pétition à la Chambre des pairs ; il ne l'a point voulu, et depuis lors les duels vont le même train, sans compter qu'il est plein d'espérance quehs excuses
qui sont dans la loi pour les coups d^épée suffiront 'pour assurer à Favenir le triomphe de sa cuisine et les exigences de Thonneur.