‹ Petits souvenirs. Avec une eau-forteChapitre 5 sur 40 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

« La pièce est reçue à l'unanimité, dit Harel. — La fin est un désenchantement qui ne sent pas bon ! » murmura Georges.

J'eus beau faire, je ne pus empêcher Harel et M^i" Georges d'emporter mes volumes du Figaro! Hélas! je ne devais plus les revoir!

Huit jours après je les redemandai, mais on n'en retrouva que les débris. Le petit chien d'Harel, un adorable lévrier, avait mis en pièces deux volumes; le coiffeur de l'Odéon avait éventré trois ou quatre autres volumes pour faire des papillotes en coiffant M"3 Georges.

« Mon cher, dis-je à Ladvocat lorsqu'il me réclama le volume, dont Charles Nodier devait signer la préface, le lévrier d'Harel avait flairé ma littérature : il a déchiré la moitié du volume; pour l'autre moitié, vous la voyez en papillotes sur la tête charmante de notre grande tragédienne!

— Ce dénouement, repartit M^'® Georges, qui avait le mot pour rire, est plus galant que celui de votre idylle de Montmartre. »

Je n'ai pas besoin de dire que le récit de Janin m'avait vivement intrigué. Je me promettais bien de rechercher dans le Figaro de 1S2J cette extraordinaire idylle de Montmartre ; malheureusement je n'en connaissais ni le titre réel, ni le sujet. Je questionnais souvent Janin à ce sujet, mais il me répondait invariablement :

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