‹ Petits souvenirs. Avec une eau-forteChapitre 8 sur 40 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

pas, se serraient l'une contre l'autre, et ne cherchaient pas à cacher qu'elles désiraient se débarrasser de ma présence. Quant à moi, je tenais bon, je ne pouvais me décider à ne plus voir ma charmante inconnue.

« Monsieur, me dit-elle en rougissant et en baissant les yeux, nous sommes flattées d'avoir fait votre connaissance, et j'espère bien que nous nous reverrons quelque jour, mais je n'ai plus une minute à perdre, si je veux arriver là où je suis attendue,.... là où je suis forcée de me rendre exactement, et alors....» Elle me salua en souriant, et partit comme une jeune biche relancée par la meute et le chasseur.

J'étais resté immobile et un peu confus, la bergère avait disparu; je rentrai tristement dans mon garni d'étudiant, le cœur gonflé de regrets et d'espérances! je rapportais de cette journée charmante un doux souvenir d'amour, le premier qui me fût entré dans la mémoire du cœur!

Je pensais sans cesse à mon attrapeuse de papillons, à ma faiseuse de couronnes! Ces couronnes, on me les avait laissées, et elles ornaient, comme des trophées, les lambris de ma chambrette. J'étais amoureux à l'instar des bergers de Théocrite et de Virgile 1 Cependant, un soir que, pour me distraire de mes éternelles rêvasseries, j'étais allé au Théâtre-Français, je sortis dans un entr'acte, et en passant distraitement dans une allée noire, peu fréquentée, des galeries de bois du Palais-Royal »

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