‹ Petits tableaux de moeursChapitre 10 sur 50 · LE FEU · texte numérisé non relu

LE FEU

Lorsque l'hiver revient, le feu règne de nouveau ; que deviendrions-nous sans lui, dans ses longues et froides soirées ? 0 charmant coin du feu ! confident discret ! ta vue seule suffit pour ramener la gaieté, ranimer les esprits et embellir la solitude. Combien de cercles dont le feu est lo plus bel ornement P

C'est devant son feu que l'auteur se délasse do ^es travaux en songeant à ses succès ; c'est encore là qu'il trouve le vers qui ne venait pas devant son bureau. En tisonnant, le vieillard jouit de ses souvenirs, et sent moins les glaces de l'âge. Devant son feu, on repasse dans sa mémoire les plaisirs de la veille, on forme des espérances pour le lendemain.

Ah ! le tison roule... — Voilà de la société, dit la vieille femme au coin de son foyer. Je suis sûre qu'avant un quart d'heure il m'arrivera du monde... C'est immanquable ! En e£Fet, au bout de quelques minutes, on gratte à la porte de li».

vieille, qui va ouvrir à son chat en disant: C'est le tison qui a fait rentrer Moumoutte.

Assis autour du foyer, avec quel plaisir ces enfants écoutent leur bonne, qui leur raconte une histoire de

Le cùmuiis eo arrivant au bureau va saluer son poêle. (P. 33.)

voleurs ou de revenants! Les pauvres petits se serrent les uns contre les autres... Ils ont peur, mais comme cela les amuse ! leurs regards sont at tachés sur la flamme de l'âtre... Ah! si le feu s'éteignait, les pauvres enfants n'oseraient plus se retourner.

Heureux qui surprend sa belle devant son feu, et peut, n'ayant pour témoin que le foyer discret, lui faire l'aveu de son amour ! Le feu de la cheminée est souvent un jouissant auxiliaire... On est bien moins sévère, les pieds sur les chenets... et k feu a vu plus d'une défaite.

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