‹ Petits tableaux de moeursChapitre 21 sur 50 · LA FORTUNE DU POT · texte numérisé non relu

LA FORTUNE DU POT

— Si les petits gaillards font ce train-là p^...dant tout le dîner, ce sera bien gentil !

Nous sonnons; une grande femme sèche et jaune vient ouvrir la porte, et fait un mouvement de surprise en me vojant.

— Ma chère amie, dit mon introducteur, je

t'amène M. . . , dont il vient dîner avec

La figure déjà fort grande dame s'alre au discours de son elle me fait un je puis pren.

je t'ai souvent parlé; nous sans façon, longue de la longe encomari , et salut que dre pour

Eh bien! Alcide, as-tu bien appris ta Icron? (P. 50.)

une grimace. Il n'y a rien de plus désagréable que de voir que l'on gêne des gens chez lesquels on va malgré soi.

Je voudrais être à cent lieues; mais mon ami, que je ne connais pas, me pousse dans une autre pièce pour que j'admire la commodité de son logement, et que je n'entende pas murmurer sa femme.

50 PETITS TABtEAUX DE MCBXJBS

J'entre avec beaucoup de peine dans une autre pièce où les petits gaillards ont tout mis sens dessus dessous. Le parquet est couvert de jouets, de papiers, d'images, de petits ménages; il n'y a pas une chaise de libre.

— Quel bonheur d'être père de famille! me dit mon homme en tâchant de me trouver un siège.

— Oui, dis-je, ce doit être charmant, d'après ce que je vois.

— Holà, Alcide... Achille... venez ici, messieurs...

— Qu'est-ce que c'est, papa?

— Venez, vous dis-je.

Les petits garçons ne venaient pas. Le papa va les prendre par l'oreille en me disant :

— Ils sont très obéissants... Eh bien! Alcide, as-tu bien appris ta leçon ! Voyons ta fable.

— La fourmi, ayant chanté tout l'été, tenait dans son bec un fromage...

— C'est très bien, répondit le papa... A ton tour, Achille... Ohl c'est un espiègle, celui-là... Voyons, mon gaillard, quelle est la première merveille du monde?

— C'est un pâté, répond le petit d'un air décidé.

— Eh bien ! vous ne vous attendiez pas à cette répouse-là... Oh! le petit drôle a de l'esprit conm^^ un démon!... Je le mettrai à l'administration des postes.

Enfin la grande dame nous crie que le dîner est servi.

— Allons nous mettre à table, dit mon hôte; et il nie fait asseoir entre lui et M. Alcide, parce que madame est obligée de se lever à chaq^ue ins-

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