‹ Petits tableaux de moeursChapitre 35 sur 50 · LE MARI MAITRE CHEZ LUI · texte numérisé non relu

LE MARI MAITRE CHEZ LUI

les coins, ma femme est sortie, et, par mégarde, ella aura emporté la clef de ma chambre, en sorte que je ne puis m'habiller qu'elle ne soit rentrée... Attends un peu, je suis certain qu'elle va revenir sur-le-champ ; elle sait que je ne suis pas habillé.

Je m'éloignai malgré les instances de Dupont, dont l'épouse ne rentra qu'à onze heures du soir laissant son mari passer sa soirée à se promener en pantoufles et en robe de chambre pendant qu'on l'attendait à la noce.

Dupont avait le désir d'acheter une maison de campagne ; il vient me chercher, et me mène voir une jolie propriété qu'il brûle d'envie d'acquérir. Nous admirons la maison, qui est fort agréable.

— Ta femme la connaît-elle ? dis-je à Dupont.

— Non, mais c'est égal ! elle lui plaira puisqu'elle est de mon goût... D'ailleurs, ne suis-je pas le maître ?

Et le cher homme continue d'examiner la maison en disant : J'abattrai ceci... Je ferai bâtii là... Ce sera charmant, délicieux 1

Je ris des projets de Dupont, qui m'engage à aller le lendemain dîner chez lui.

— Tu vanteras cette maison devant ma femme, me dit-il, cela lui donnera envie de l'avoir ; non que j'aie besoin de sa permission, mais cela n'en ira que mieux.

Mais madame Dupont est trop fine pour ne point deviner les projets de son époux. M'inviter à dîner sans avoir consulté sa femme, c'est une petite liberté qu'on ne permettra, point à Dupont.

En effet, le lemdemain matin je reçois une let-

7h PETITS TABLEAUX DE MŒTJRS

trc (le madame qui m'apprend que, sa cuisinière étant malade, elle ne petit avoir le plaisir de me donner à dîner.

Depuis ce t^mps, Dupont n'a jamais reparlé de la maison de campagne, mais il dit toujours : Jo suis le maître chez moi.

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