LES DEUX CONVOIS
On a ses jours de bonheur; je range dans ce nombre ceux oii je rencontre em. mon chemin de jolies femmes, de gracieuses tournures, des pieds mignons et des jambes bien faites ; de pareils objets me mettent sur-le-champ en belle humeur. Rien ne monte l'imagination comme deux beaux yeux. La vue d'une femme séduisante ne s'efface pas si vite de mon souvenir que je n'en conserve toute la journée des idées couleur de rose.
Mais il y a des jours oii l'on parcourerait tous les quartiers de Paris sans rencontrer un joli minois ; certes, il y a des physionomies laides qui appartiennent à des personnes fort aimables ; mais nous sommes de grands enfants, et l'on nous prend d'abord par les jeux. Il y a quelques jours, je n'ai pas vu tout en rose, j'ai été an-êté dans ma route par deux conv^ois.
Le premier était fort beau : riche tenture, larmes en argent, chevaux panachés, cocher à man-