‹ Petits tableaux de moeursChapitre 41 sur 50 · UNE AVENTURE DE CARNAVAL · texte numérisé non relu

UNE AVENTURE DE CARNAVAL

Quelle foule se presse sous ces portiques! quel bruit, quels cris font retentir les échos de ce péristyle ! C'est vers un des temples élevés à la foiie que tout ce monde se porte, se précipite. Pauvres humains î hâtez-vous de jouir, le temps du plaisir passe si vite!

Nous sommes devant le bal de l'Opéra. Un Arabe pousse le Grand Turc qui prie humblement un Savoyard de lui faire place ; madame Angot a le pas sur une princesse d'Allemagne ; une bergère dit des injures à un marquis, tandis qu'une poissarde fait des yeux doux à un troubadour.

Un chef de brigands se tient à l'écart de peur d'être foulé, et une ingénue se précipita bravement au milieu do la cohue en entraînant deux Circassiens auxquels elle crie d'une voix enrouée :

— Faites comme moi, laissez-yous aller.

Je me décide à faire comme l'ingénue, je me laisse aller; la foule me porte, et je me trouve dans l'enceinte consacrée à la folie. La musique ajoute au délire qui semble animer quelques masf|ues ; les airs de danse s'unissent au murmure «continuel des voix qui bourdonnent autour de

oi.

I '^n ne se promène pas, on se pousse, on se cou- ; mais on se parle, on se tutoie; et cette H-

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