LES PLAISIRS DE LA PECHE
M. Bertrand est grand amateur de la pêche, oii il se prétend de la première force pour attirer le poisson. Il a, dit-il, fait les plus beaux coups de filet que l'on ait vus depuis la révolution. Mais on assure que les pêcheurs sont un peu menteurs.
Cependant M. Bertrand doit savoir pêcher, car à dix ans il allait s'asseoir devant les fossés de l'Arsenal, oii il y avait alors de l'eau, et il passait là le temps de sa récréation, soit à guetter le poisson, soit à chercher dans la terre de l'asticot.
Etant entré petit clerc chez un procureur, Bertrand, au lieu d'aller porter chez l'huissier les billets protestés, les citations, les requêtes, allait s'établir sous le Pont-Neuf, avec un grand roseau au bout duquel il avait disposé ses filets et ses hameçons, et le maître clerc était obligé de venir le tirer par les oreilles, parce que M. Bertrand oubliait les soins de l'étude pour une tanche ou un barbillon.
En vieillissant, M. Bertrand n'a point perdu son goût pour la pêche; chez lui, c'est toujoui-s
PETITS TABLEAirX DE MŒURS
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M. Bertrand est grand amateur ^ / de la pêche. (P. 101.) //'
une fureur. Simple employé dans une administration, il n'a que le dimanchevpour se livrer tout à son aise à ce plaisir, mais il n'en passe pas un sans aller s'établir sur les bords de la Seine, à moins qu'un temps trop pluvieux ne trouble la tranquillité des habitants de l'onde.
Suresnes, Nogent, Saint-Cloud, Sèvres, Passy, Auteuil^ Saint-Ouen, Saint-Denis, e»nfin tous les environs de Paris où l'on peut pêcher, ont été visités par M. Bertrand, qui a'e, dès le lever de l'aurore, s'établir avec sa ligne et son panier sur les bords de la Seine, et y reste ordinairement jusqu'au coucher du soleil.
quarante ans, M. Bertrand, qui s'ennuyait