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serve de local. Ce deuxième corps, parce qu’il est corps, a besoin d’un lieu qui sera la surface d’un autre troisième corps. Il en est de même de ce troisième, et l’on ira ainsi à l'infini, ce qui est impossible. Or, tout ce dont la supposition aboutit à une impossibilité est lui-même impossible; donc, cette assertion que tout corps [pour exister] a besoin d’un lieu est inadmissible. L’adversaire ajoute : «Ce qui est de la sorte est dépouillé de la divinité et semblable aux créatures», parole assurément vraie, mais l'adversaire ne saurait en tirer aucun profit pour sa cause, car elle est seule vraie parmi toutes les autres faussetés manifestes. Ici se termine la première objection et la réponse que
nous y faisons.
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La seconde objection commence en ces termes : «Les Chrétiens sont unanimes à reconnaître que celui qu'ils adorent est trois personnes et une substance unique >». Tels sont bien, en effet, les termes dont se servent les Chrétiens pour exprimer leur croyance. Mais quiconque les emploie ne comprend pas le sens qu'y attachent leurs docteurs. Il continue : « Les personnes sont égales entre elles dans toutes leurs manières d’être.» Paroles fausses assurément, puisque les Chrétiens ne croient pas que le Père soit l'égal du Fils sous le rapport qu’ils appellent filiation, ni qu'aucune des personnes, dans la propriété qui la désigne spécialement, soit l’égale des deux autres. Elles sont égales dans la notion de la substance unique
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avec la note marginale : LS Amull; H 3 1S5.
qui les comprend toutes, dans l'éternité et toutes autres notions semblables. Mais pour ce qui est de l’essence particulière à chaque personne, les Chrétiens n’admettent pas qu’il y ait parité entre elles. — L'adversaire ajoute : «Ils prétendent que le Père a une vie qui est le Saint-Esprit, et un Verbe qui est le Fils. Nous leur demanderons donc si l'Esprit et le Verbe ont eux aussi un Esprit et un Verbe. Répondent-ils affirmativement, il y aura alors plus de trois personnes. S'ils disent non, les personnes ne sont plus égales dans leur être, ni identiques dans leurs modes, puisque l’une d’elles a un Verbe et un Esprit, tandis que les deux autres en sont privées. » On peut répondre à l'adversaire que le but qu’il poursuit par ce langage est
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de forcer les Chrétiens à reconnaître ce qu’ils croient en effet volontiers et qu'ils peuvent très bien admettre, à savoir, qu'il n’y a pas parité entre les personnes sous tous les rapports, et qu’elles ne sont pas semblables en toutes manières. Ils croient, en effet, que la notion du Père n’est pas la notion du Fils, ou la notion du Saint-Esprit, et l’on peut en dire autant des deux autres personnes. Pas n’était besoin de se donner tant de peine [pour obtenir cette profession de foi]. Puis il continue : «S'ils prétendent que l’on peut comparer le Père au soleil qui brille par sa lumière et réchauffe par sa chaleur, le Fils aux rayons du soleil, le Saint-Esprit à la chaleur, on leur dira : est-ce parce que les rayons et la chaleur sont des puissances du soleil? Si le Fils et le Saint-Esprit sont de même à l'égard
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du Père, ils ne méritent pas d’être appelés personnes, ils. deviennent deux puissances du Père, deux accidents dans le Père, mais ils ne sont pas des personnes comme lui».
La réponse à donner à qui produit cette objection, c’est qu'il s’agit ici d’une simple comparaison de certains théologiens chrétiens pour faire comprendre approximativement ce point de leur doctrine, puisque, parmi les choses visibles, telle est une à un point de vue et multiple à un autre point de vue, réfutant ainsi cette assertion générale imaginée et produite par leurs adversaires, qu’une chose ne peut être une et multiple à des points de vue différents. Mais il n’est pas nécessaire, parce que j'applique une comparaison à une chose sous un rapport quelconque, que
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la chose qui sert de comparaison ressemble à la chose comparée sous tous les rapports. Il est en effet impossible de trouver deux choses qui n'aient entre elles quelque différence, car le nombre entraîne toujours avec Iui la diversité, comme la diversité entraîne le nombre. L'adversaire poursuit : « Ou bien ce seront des accidents». Cette conclusion n’est pas non plus justifiée, car tout ce qui se trouve dans une chose, n’est pas nécessairement un accident de cette chose. Il ajoute : « Le nom ne convient plus à la chose dénommée, puisque le nom indique la définition qui distingue les substances les unes des autres.» A cette affirmation : « Le nom ne convient plus à la chose dénommée » nous répondons que nous ne voyons pas ce que cela vient
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faire dans les articles de la foi des Chrétiens, qui dès lors n’ont pas à examiner si le nom convient oui ou non à la chose dénommée. Cette abondance de paroles prouve seulement que l’on ne distingue pas entre les raisons à produire utilement dans la discussion et celles qui y sont étrangères. IL est ensuite vrai de dire que le nom comporte la définition qui distingue entre elles les substances, car les noms sont appliqués à l’essence des choses dénommées, non aux termes mêmes qui indiquent ces essences. II dit : «La définition n'indique pas la nature des substances», s’il entend par définition le terme qui désigne l’essence de la chose définie, il est dans l'erreur en prétendant que la définition n'indique pas la nature de la chose. S'il donne à ce mot « définition » (hadd) un autre sens, il aurait dû
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expliquer quel sens il lui attribue. Il poursuit : « Cela étant, les noms de Père, de Fils, et de Saint-Esprit désignent des notions diverses, non identiques, et des êtres dont la définition est différente. Comment, dès lors, cette doctrine des Chrétiens : les personnes sont identiques et non diverses, et les analogies qu’ils empruntent au soleil peuvent-elles être également vraies?» Voici notre réponse : nous avons déjà dit que les Chrétiens ne disent pas et ne croient pas que les personnes soient identiques, sous tous les rapports, et dépourvues de différence à tous points de vue. Elles sont au contraire, d’après leur doctrine, identiques sous un rapport et diverses sous un autre rapport. Quant à la comparaison que certains Chrétiens tirent du soleil, elle n’oblige pas à reconnaître qu'une comparaison [vraie sous un rapport] soit vraie sous tous les rapports.
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Ici finit la seconde question, et nous y avons démontré, comme dans la précédente, la futilité des raisons alléguées par notre adversaire pour trouver des contradictions dans la doctrine des Chrétiens.
À Dieu plein de bonté, de sagesse, de puissance et de justice, source d'intelligence, gloire et louange à jamais.
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(1) J'sdRXse); K s0kuss. — (2) 7; H Lis. — (8) 7; ; H ose eh IV — Tratré DE YAHYÂ BEN ‘ADpi POUR DÉMONTRER COMMENT IL EST PERMIS D'AFFIRMER DU CRÉATEUR QU'IL EST UNE SUB- STANCE UNIQUE DOUÉE DE TROIS PROPRIÉTÉS QUE LES CHRÉTIENS