On a vu l'ouvrage, p. 205, dans nosmss
5. Aux deux vers traduits d'Aratus, Nat. deor.. II, 41, f. 196 (Cetera lahuniiir...), que rien ne distingue du reste du texte, comme il arrive dans les manuscrits, le lecteur a fixé l'attention en marge : Versus Tullii. Il n'a rien remarqué aux autres citations en vers du même morceau, sauf pour les vers : Has inter ueluti rapido cumgurgite flumen, II, 42, où il a écrit : Hinc Virgilius, se rappelant Georg. I, 245,
VHortensiîis pompeusement inséré dans le recueil et au sujet duquel Pétrarque raconte ainsi les incertitudes qu'il a traversées :
Quaesiui et librum de Laude philosophiae quod et ipse libri titulus excitabat, et in libris Augustini quos iam légère coeperam, librum illum ad uitae mutationem et ad studium ueri multum sibi profuisse compereram ' ; sic undique dignus uidebatur qui diligentissime quaereretur. Enimuero hic negotii nihil esse credidi, statim enim affuit non liber, sed falsa libri ipsius inscriptio, quod sciens narro, ne quando tibi, quod [non] impossibile arbitror, idem qui mihi illusit error obreperet. Legebam, neque aliquid de eo quod titulus pollicebatur inueniebam, stupebamque et tarditati meae alienum errorem imputabam. Demum cum legendo, cuius me insatiabilem natura facit, in libros Augustini de Trinitate diuinum opus incidissem, inueni ibi allegatum librum, non quidem quem habebam sed quem habere credebam ; aliquid ibi de eo libro positum quo nihil est dulcius dirigui, et oblationem ratus experientiae, die quodam, feruidus librum legi totum intentissime. Eius certe quod apud Augustinum erat penitus nihil inueni : puduit errasse tam diu, et remansi certus librum illum non esse de Laude philosophiae, sed quisnam esset incertus, esse autem Ciceronis stilus indicio erat ; fuit enim caelestis uiri illius eloquentia imitabilis nulli. Post haec uero, cum ultimo Neapolim uenissem, Barbatus meus Sulmonensis, amicus optimus et tibi forsan saltem nomine cognitus, uoti mei conscius, paruum mihi Ciceronis librum donauit, cuius in fine principium solum erat libri Academicorum ; quod ego perlegens conferensque cum eis qui inscribuntur de Laude philosophiae, luce clarius deprehendi illos esse duos, tôt enim sunt, tertium et quartum, uel secundum et tertium Academicorum, subtile opus magis quam necessarium aut utile. Sic longaeuo errore liberatus sum ^.
En présence du manuscrit qui a appartenu à Pétrarque, toutes ces indications se précisent. Voilà l'ouvrage qu'il a
Dans De oral. II, 80, f. 288, il a reconnu Térence : Terrentii in Andria F. 199. Nat. deor. 11,56 [Homines deiis eos huvio excilatos, celsos et erectos constitiiit...'], il .n'a pas oublié le rapprochement avec les vers célèbres : Os hoviini sidAime dédit..., et le passage lui est assez familier pour qu'il se borne à ces deux mots : Licet dictiim prius a TuUio, qui visent notre passage.
1. V. le même souvenir dans Vit. sol. II, 8, 2 (Op. 280); Contra Gall., cit. p, 259 ; c'est un des lieux communs de Pétrarque.
2. Op. 948. Avec quelques légères corrections suggérées par le Par. 8571, f. 177.
PÉTRARQUE ET CICÊRON
pris longtemps pour VHortensius ' ; il l'a lu et annoté, tout surpris de n'y pas trouver l'intérêt que le beau passage des Confessions lui annonçait. Bientôt, mis en présence du texte cité dans le De Irinitate, il a compris qu'il faisait fausse route et qu'il ne possédait pas le traité célèbre. C'est alors que pouvait lui venir à l'esprit une réflexion comme celle qu'il a mise en marge de la compilation préliminaire : Ille liber iitinam essethic! Durant son voyage de Naples, en 1343, avec le volume offert parBarbato, il identifiait définitivement: l'ouvrage contenu dans son manuscrit, et de retour au milieu de ses livres % il écrivait à côté du titre mensonger; Hec rubrica, quamuis sit communis, falsa est tamen. Non est hic liber de Laude philosophie, sed Achademicorum iiif'' duo ultimi ^ Il restait des erreurs encore : Pétrarque croyait voir deux livres dans un traité qui n'est autre que le Lucullus, c'està-dire le second livre de la première rédaction des Academica ; il était trompé ici par une division tout arbitraire dans le manuscrit qui est sous nos yeux ^. De plus, il rattachait ce texte à la rédaction des Acadeinica en quatre livres, qui est la seconde et dont il avait appris l'existence, je suppose, par
1. Ce n'est donc pas, sans doute, le ms. que Hortis avait cru pouvoir désigner dans l'inventaire des Visconti {Arch. triest., p. 109 ; Voigt, 1. 1, p. 39 n.).
2. Le poète était rentré à Vaucluse à la fin de 1345, et sa note est précisément d'une écriture postérieure à l'ensemble de l'annotation.
3. Des exemples de désignations de ce genre peuvent être tirés de l'inventaire des Visconti ; au no 606 on trouve indiqué : Tullius de essentia mundi et de laude philosophie, et au no 624 : Tullius ad Hortensium et le reste delà description prouve qu'on a affaire au Lucullus. Chez Benoît XIII, à Peniscola, le titre Ad Hortensium ^gmt dans deux mss. de Cicéron (Faucon, Lihr. d'Avignon, t. II, p. 131- 132). De même dans la plupart des inventaires du temps. Antérieurement Richard de Fournival semble avoir constaté déjà quelque chose de la confusion, quand il décrit dans s3l Biblionomia V ouvrsigQ suivant : (76) Ciceronis... liber ad Hortensium de cohortatione ad phylosophie studium, qui inscribitur Luculus et interdum Hortensius (Delisle, l.c, t. II, p. 529).
4. Une coupure avec initiale ornée, aux mots Hortensius autem uehementer [ch. 19], crée au f. 258 cette division apparente en deux livres.
les lettres à Atticus, qu'il venait de découvrir Nous trouvons ici un exemple bien complet des tâtonnements et des incertitudes de nos ancêtres de la Renaissance dans l'œuvre ardue de l'exhumation de la littérature classique.
Nous avons, dans les manuscrits retrouvés, quelques-uns des doubles de Cicéron que possédait Pétrarque. On trouvera, écrits de sa main, deux discours dans le Vat. 21^ j, et un second texte des Tusciilanes dans le Par. j8o2. Ce dernier recueil est du xii^ siècle ^ et contient la série d'ouvrages dont les rubriques suivent: F. i, Gaii Suetonii TranquilU de uita Cesariim liber primiis incipit. Dimis luliiis. — F. 68^ ... Domitianus explicit féliciter. Versus Suetonii [— Ausonii]. — F. 69, Lucii Annei Flori liber primus incipit. — F. 94, Sexti lulii Frontini Stratagematon liber primus incipit. — F. 116, Eutropii uiri clarissimi liber primus incipit ^ — F. 132, Philippicarum M. Tullii Ciceronis liber primus incipit. — F. 147', Philippicarmn liber IIII explicit. — F. 148, M. Tullii Ciceronits Tusculanarum incipit liber primus. — F. 189, M. Tullii Ciceronis Tusculanarum finit liber quintus. — Lucii Annei Flori epitomade Tito Liuio ^. Une seule note de Pétrarque se trouve dans les deux premiers tiers du volume; c'est une rectification d'attribution sur les vers ajoutés au texte de Suétone: In quibiisdam libris est Sidonii, sed utrobique est error ; uere enim sunt Ausonii K Les parties que sa plume n'a pas touchées