Fam. XXII
5. Et qui fuerint scimus : ars exigua, médiocre ingenium, uiuax fama, magnus populorum fauor, rerum suarum aestimatio immensa. Lege epigrammata sepulchrorum ah his édita : satis superba fateheris, etsi ah alio dîctata essent, etsi alter horum Homerus, aller Virgilius fuis set {Var. 22). Les épitaphes sont dans Aulu-Gelle, I, 24, passage d'ailleurs mentionné par Pétrarque, Faw. IV, 15. La lettre, adressée àBarbato, est écrite de Milan, le 12 octobre 1355. Il y insère un passage écrit antérieurement et précisément celui qu'il défendait dans Fam. IV, 15.
de la Casina qu'il vient d'achever, il envoie à un ami ces charmantes lignes : Nuper dum, fugiendi fastidii et relaxandi animi gratia, lepidissimas fabulas apud Plautum legerem^ ciirisque mordacibus tantillum temporis uetustissimi uatis auxilio cor furarer; mirum dictu, quoi ibi élégantes nugas inueneram^ qiias seruiles fallacias^ quas aniles ineptias , quas meretricmn blanditias, quam lenonis auaritiam, quam par asiti uoraginem^ quam senum sollicitudinem^ quos adolescentium amores. lam minus Terentium nos-
trum miror^ qui ad illam elegantiam tali usus est duce Suit
une analyse de la Casina où Pétrarque met en relief, par des exemples, l'art de Plante à dessiner des caractères \
Cette lettre est écrite de Vaucluse, sans date, et vraisemblablement assez ancienne. Elle suffit à établir que Pétrarque avait connu Térence bien avant Plante. Comment savoir si ce fut à l'imitation de Térence qu'il composa, dans sa jeunesse, pour récréer Giovanni Colonna di San-Vito, oncle du cardinal Colonna, une comédie dont le titre et un seul vers nous sont parvenus? Elle était intitulée Philologia et un des personnages y portait le nom de Tranquillinus ^ En vieillissant, Pétrarque la jugeait assez sévèrement et ne la trouvait pas digne d'être communiquée à ses amis K En
1. Fam. V, 14 (à Socrate). Cf. IX, 4, où sont diverses citations du Curculio et de la Cistellaria. Plaute est encore cité ou nommé expressément par Pétrarque une vingtaine de fois. La grande citation de V Aulidaria dans Fam. I, 8, doit être lue avec les variantes du ms. de Paris (P. e la Lombardia, p. 147).
2. Meministi, credo, in Philologia nostra, quam oh id solum ut curas tihi iocis excuterem scripsi, quid Tranquillinus noster ait :
Maior pars hominum expectando moritur (Fam. II, 7).
Selon Louis Havet, c'est un sénaire imité de Térence ; P. a cru que douze syllabes, dont la onzième est brève, font un sénaire. Tels sont à peu près les pseudosénaires, du siècle suivant, ceux du supplément d'Ant. Panormita aux Bacchides (attribué sans aucune raison à P. par certains érudits de la Renaissance) et ceux de Niccolô Perotti.
3. Comoediam quam pet is me admodum tenera aetate dictasse non inficior siib Philologiae nomine. Illa quidem procul abest et, si adesset, quanti eam modo faciam, quamve
vain ;Lapo da Castiglionchio et, plus tard encore, Nelli la lui réclamèrent Boccace qui lui donne le titre de Philostratus, ne semble pas l'avoir vue, bien qu'il en parle, dans sa vie de Pétrarque, en termes pleins d'enthousiasme : Ultra etiam scripsit pulcherrimam comoediam, cui nomen imposuit Philostratus, et, si diccrem illum Terentii uestigia persecutum, timeo ne, dum omnihus palam erunt quae adhuc modicis uisa latent, ductori ductum legentes aestiment merito praeponendum ^ L'existence, bien attestée, d'un essai de Pétrarque dans la poésie dramatique est la meilleure preuve de son goût pour ce genre littéraire, où le modèle reconnu était Térence.
C'était l'autorité de Cicéron qui lui avait recommandé Térence : Primum Terentii amorem, nous dit-il, ex Tusculanaruin quaestionum lectione concepi K 11 avait suivi son penchant avec d'autant plus de confiance qu'il l'avait vu partagé par son autre maître, S. Augustin. Aussi, dans ses dialogues, se permet-il d'échanger avec celui-ci une série de passages de V Eunuque, où il appelle le poète comique Terentius noster, du même ton qu'il dit Virgilius noster ^. Il cite Térence plus souvent que Plante ^ ; cependant s'il l'a connu le premier,
tuis ac doctorum hominum aurihus dignani rear, ex communi hoc intelliges amico {Fam. VII, 7 ; cette lettre à Lapo est écrite de Padoue, le 25 mars 1348 et non, je crois, 1349 ; le ms. de la comédie était à Vaucluse). Cf. Koerting, p. 532.
1. Le passage de la lettre de Nelli est important pour apprécier la diffusion des œuvres de Pétrarque : Die mîchi quando te in Affrica tua legam ? quando in Buccolicis omnihus ? quando in Comediis [sic] ? et dialogo ? nec non et compendio illo et paraiissimo ad ystorias generosas itinere ? Carebo semper tui presentia tuorumque Jibrorum, quos longa expectatione fatigatus inhyanti gutture sitihundus efflagito. Exhihe te nabis, queso, in eternis operibus tuis, que diu elaborasti uigilansque pallensque, ut in illis uitas hominum inspiciamus instruamurque... Florentie, die xviij niensis Augusti [1354?]. (Par. 8631, f. 19; éd. Cochin, p. 217. Cf. note, p. 220).
2. Dans Rossetti, P., Giul. Celso e Boccaccio, Trieste, 1828, p. 524. Je lis erunt au lieu de erit et merito au lieu de et merito.