‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 15 sur 362 · Univ. de Padoue, ms · texte numérisé non relu

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de Stace et quelques odes d*Horace, réunis dans un magnifique volume, dont il chargera plus tard les marges de notes et de références à ses lectures \ Il entre en relations, pour augmenter sa collection naissante, avec les bibliophiles de la cour pontificale.

La présence du papa retenait au bord du Rhône une société internationale qui faisait d'Avignon le centre véritable de TEurope et y entretenait un mouvement intellectuel considérable. Mais si elle était plus intelligente et plus amie des lettres que Pétrarque ne veut le laisser croire, on peut être certain que ce n'était point au sens où le jeune homme l'aurait voulu. Il est peu probable qu'il ait pu profiter alors de la « librairie » du palais : bien que Jean XXII l'enrichît activement, la collection n'était point ouverte aux. personnes étrangères à la curie; il n'y eût presque rien trouvé d'ailleurs des auteurs païens qu'il cherchait uniquement*. Dans le monde ecclésiastique et juridique d'Avignon, où les luttes do l'ambition et les « études lucratives » tenaient tant de place, il devait rencontrer peu d'écho à des enthousiasmes tout' désintéressés et réservés aux belles œuvres littéraires. Les lettrés sincères étant fort rares, il n'en appréciait que mieux des prélats tels que le cardinal Colonna et son neveu, le cher évoque de Lombez, Jacopo Colonna. Il compta aussi comme une bonne fortune de connaître un vieux jurisconsulte italien, Raimondo Soranzo, qui avait réuni chez lui beaucoup de livres anciens. Le vieillard ne lisait presque, il est vrai, en dehors des ouvrages de droit, que les histoires de Ïite-Live; mais comme Pétrarque était, malgré son jeune âge, plus instruit que lui sur l'antiquité et lui rendait maint service pour l'interprétation de son auteur favori, Soranzo le prit en amitié, le traita en fils et le laissa puiser librement dans sa bibliothèque, lui prêtant, lui donnant même des livres'*. C'est à cette époque que notre poète pratique volontairement le

1. Virgile de l'Ambrosienne. Ce ms. resta volé à P. de 1326 à 1338.

2. Cf. Ehrle, Hisloria biblioth, Rom. ponttficum lum Bonifatianae tum Auenionensis, t. I, Home, 1890, p. 136 sqq. Sur le mouvement des arts à Avignon à la même époque, on connaît les travaux de Mùntz et de Faucon.

3. Sen. XVI, 1 (Op. 948). Je crois avoir retrouvé le Tite-Live qui servit aux études de P. et de Soranzo.

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