‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 151 sur 362 · LES POÈTES CHRETIENS · texte numérisé non relu

LES POÈTES CHRETIENS

peu de leurs œuvres. On ne les >trouve pas citées une seule fois par lui, pas même celles de Prudence, dont il avait pourtant quelques poèmes dans un de ses manuscritsV Deux distiques de S. Prosper sont transcrits, il est vrai, dans un de ses ouvrages dédié à des moines ; mais Pétrarque prend soin d*iudiquer que cette citation est amenée pour plaire aux jeunes gens et aux novices ^ Il ne fait aucun emprunt aux vers de S. Paulin de Nole^ non plus qu'à ceux de Sidoine Apollinaire, qui semblent lui être inconnus ; une phrase sur Cicéron, qu'il a lue à contresens au début des Epistolae de Sidoine, lui a donné une idée fâcheuse de l'esprit de l'auteur*, et, le style aidant, il semble qu'il ait bientôt jeté le livre. L'attention relative portée à Ausone ne fait que souligner davantage l'abstention envers ses confrères plus véritablement chrétiens. Cette exclusion de toute une littérature poétique de la culture de Pétrarque est utile à constater, à la fin d'un chapitre où nous l'avons vu si studieux et si fidèle admirateur des poètes du paganisme ; on y peut trouver la preuve que la beauté littéraire l'emportait de beaucoup dans son esprit sur le fonds qu'elle décorait, et c'est un des faits qui mettent le mieux en relief les tendances de son humanisme.

2. De Otto relig, II (Op. 314); Lt pueris nouitiisque ueslris placeat ista lecturis. Les vers sont 35-36, 39-40 du Poema ad uxorem attribué à Prosper (dans Migne, t. LI, col. 614). Prosper est indiqué comme un auteur mis entre les mains des enfants : Abipsa pueritia^ quando céleri omnes nul Prospéra inhiant aut Aesopo [Aesopiae fabulae^ Phèdre?], ego libris Ciceronis incubui (Sen. XVI, 1; Op. 946).

3. Cf. Bem, II, 7 ; Sen. XII, 2 (Op. 908). La citation de Fam. I, 1, se rapporte à l'archidiacre Paulinus qui a écrit une- vie de S. Ambroise.

4. Prèf. aux Fam. : Non me fugit irrisum et a Sidonio Ciceronem... Atqxie hoc Sidonius ausus est, Aluernus oralor, non Lntio se fingere fratrem, ut ait ille, qiiod ipsum salis erat audaciae, sed aemulum e/, quod est grauius, irrisorem... Ille tamen adducit nescio quem Iulium Titianum et nescio quos Fronlonianos suae irrisionis auctoreSy etc. Cf. Gai Sollii Sid. ApolL epist. et carm., éd. Liitjohann, Berlin, 1887, p. 1.

Page 1