‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 152 sur 362 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

QnMt' è qnel Marco Tollio, ïd cai ti mottra Chiaro qnant' ha eloqnenza e frotti e fiori.

(Trionfo délia fama, III).

Cicéron est à la fois pour Pétrarque un modèle et un ami. L'enthousiaste propagande du grand Italien le fait sortir de Tadmiration de convention où Tavait enfermé le moyen âge et entrer dans la culture générale de Tesprit moderne ; il est proposé désormais, et pour longtemps, à Tétude et à Timitation de tout ce qui aspire au titre d'écrivain. Pétrarque Tinvoque avec la ferveur qu'il mettrait à prier un saint de rÉglise : Romani eloquii summe parens, nec solus tibi ego, sed omnes grattas agimus^ quicwnque latinae linguae floribus ornamur ; fuis enim prata de fontibus irrigamus; tuo ducaiu direcios, tuis suffragiis adiutos^ tuo nos lumine illustratos ingénue profitemur, tuis denique, ut ita dicam, auspiciis ad hanCy quantulacwnque est, scribendi facultatem,,, perue^ nisse\ Qu'on ne lui parle pas des Grecs! Comme orateur, Démosthène ne peut revendiquer que la seconde place* et, comme philosophe, Platon égale peut-être Cicéron, mais ne saurait le surpasser. La langue de Cicéron est pour Pétrarque un enchantement, qui remonte aux impressions de son enfance : At illa quidem aetate nihil intelligere poteram, sola me uerborum dulcedo quaedam et sonoritas detinebat, ni

1. Fam. XXiV, 4 (leçons du Par, 8568, f. 281). Lire avec cette lettre Fam. XXI, 10 ; Var, 25 ; Sen, XVI (XV), 1. Cf. Pline, HUl, nat, VII, 31, 9 : Salue,,, facundiae latiarumgue litterarum parens.,.

2. Dopo venia Demostene, che fuori È di speranza ornai del primo loco, Non ben contente de' secondi onori.

Tr, délia fama, III, v. 22. Cf. Salutati, /i>t5r, éd. Novati, t. I, p. 338.

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