‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 167 sur 362 · LECTURE DE CICERON · texte numérisé non relu

LECTURE DE CICERON

1" avril 1352; je ne crois pas que Pétrarque s'en soit couramment servi plus tard et il paraît être un de ceux qu'il laissa à Vaucluse à son dernier départ pour l'Italie *. Sans doute, il y a des mentions d'une écriture postérieure à la première lecture, celles par exemple qui figurent aux marges de la biographie et la rectification sur V Hortensiiis^ ; cependant, on ne trouve aucune note, aucun signe même, comme il y en a tant dans le Virgile, pouvant être rapporté aux temps extrêmes de sa carrière et au séjour à Arqua. Il est certain qu'il a cessé un jour d'y étudier. Parmi les nombreux manuscrits de Cicéron qui lui sont venus, il a pu aisément en trouver de plus corrects que celui-ci, qui ne l'est guère, ou de plus commodes pour l'usage ordinaire. Ces exemplaires donneraient sans doute les dernières notes de Pétrarque ; contentons-nous d'étudier celles qui datent de Vaucluse.

Elles suffisent à attester sous une forme nouvelle combien Pétrarque a étudié Cicéron et à nous apprendre comment. Les sommaires et annotations abondent presque partout jusqu'à la fin de YOrator. Mais les Partitiones n'ont plus aucune note, ni même aucun signe marginal, et la série d'œuvres oratoires qui les suit semble avoir été à peine parcourue'. On en doit conclure que ces ouvrages étaient lus dans d'autres exemplaires, ainsi que le De amicitia et le De senectute, qu'on trouve fort dédaignés aussi dans la première partie du manuscrit et que Pétrarque affectionnait cependant d'une façon par-

cius, Crasius, Antonius, cum quitus oratoriae institutionis scrutabatur arcanum. Aderat Cato censorius ille senex, cuius senectutem leslimonio commendabat. Aderat Lvcius Torquatus, Marcus Cato Ulicensis et Marcus Piso, cum quibus bonorum fines operosa disputatione firmabat. Aderat orator Hortensius, aderat Epicurus ; aduersus alterum Ciceroniana philosophiae laus, aduersus alterum infamatio uolup^ tatis. Aderant Laelius et Scipio^ cum quibus et uerae amicitiae et optimae Reipublicae formam dabat. Ac ne in infînitum rapiar, exlerni reges aderant Romanis ciuibus intermixti, quos in capitalibus causis Cicero idem diuina prorsus oralione defenderat...

2. Cette observation viendrait à l'appui de l'opinion qui attribuerait à P. la compilation préliminaire.

3. Il n'y a qu'une note dans les Catilinaires et un sommaire dans dans le discours Ad Quirites.

196 pÉtralque et cicéron.

ticulière*. Avec le second texte du De fato commence une suite nouvelle de cahiers; la main du possesseur ne se montre qu'une fois dans ce traité; elle est plus fréquente dans le De legibuSy où les marges retrouvent en abondance les signes de lecture usuels, sans qu'il y ait cependant aucune note un peu longue ni méritant d'être citée ^

Ce serait un travail interminable et fastidieux, que de relever les sommaires et les notes, à plus forte raison les signes par lesquels Pétrarque a mis en vedette les renseignements que lui fournissait Cicéron'. Il est cependant instructif, pour qui connaît déjà Pétrarque, de parcourir cet ensemble d'indications d'un caractère tout personnel et de trouver, dans les passages ainsi désignés, l'origine d'une idée, d'un développement de notre écrivain. On n'est pas surpris, par exemple, de rencontrer des mains indicatrices en face* de passages comme ceux-ci : Honos alit artes omnesque inceiidtiîitnr ad studia gloria [Tusc. I, 2, f. 149') ; Tota philosophorum uita,,, cornmentatio mortis est (I, 31, f. 154)*; etc. Souvent l'admiration ou l'intérêt du lecteur s'exprime par une exclamation : Elégant issime, proprie j proprie et uere, facetum, fesiiiie, magnifice, argumentum optimum^. Au beau passage Nat, d. II,

1. Mentions et extraits nombreux: Quam sententiam [l'immortalité de râmej... et in Tusculano suOj et in sexto Beipublicae diuino génère orationis asseruit, necnon et in dialogo Laelii qui de amicitia uera est, et in libre qui Cato maior inscribitur, defensionem continens senecluliSy aliisque praetera tam muîtis in locis attigit (Fam. IV, 3); In eo libre qui uocatur Laelius aut de uera amicitia (Fam. XII, 16). V. sur le Laelius un passage de la seconde rédaction de la Vie de Scipion^ publié dans Le De Vir. ill, de P., p. 141.

2. Sur le De legibus^ cf. De ignor.y Op. 1049; De otio relig. H, Op. 315 ; Sen. XIV, 1 ; Fam. II, 2, etc.

3. Quelques exemples : F. 198', Nat.d. II, 54 : De situ cordis nostri curiose admodum. F. 206', III, 9: Nil melius Roma in terris. Nota. F. 209, III, 24 : Inlerpretatio nominum quorumdam deorum et quid ex hoc infertur. Nota dignum. Aux f. 223' et 262' paraît la forme Nota /"., que la nature des textes n'a pu servir à expliquer (peut-être Nota, Francisée).

4. Le mot fameux de Cicéron est analysé dans Secr. III (Op. 368). Il est cité sans provenance dans Fam. III, 12, où il est singulier qu'on ait pu le croire de P. (Bartoli, F. Pelrarca, p. 59).

5. Autres exemples ; Acriter in Epycurum^ ff. 202, 204 : locose sed lamen urgenter, f. 227'. F. 228', Diuin. II, 58 [Nescio quo modonihil

Page 1