PÉTRARQUE LECTEUR CHRETIEN
la divinité s'impose à qui regarde le ciel, II, 2 : Bona persuasio (f. 194').
La préoccupation des idées chrétiennes n^abandonne jamais le lecteur; on les devine à la marge de II, 46 : Nota de fine mundi per igneniy sed peruerse (f. 197'); on les aperçoit mieux encore, lorsqu'il se sépare sur un poiat capital de cette morale de Cicéron, qui est toujours pour lui si séduisante : dans III, 36* Fauteur déclare que, si tou« les biens viennent des dieux, la vertu du moins n'en vient pas et appartient en propre à Thomme, qui en tire orgueil à bon droit ; Pétrarque, qui professe la doctrine de la grâce, écrit aussitôt: Caue, maie dicis (f. 210'). Ces réserves ne sont pas nombreuses, même dans la partie mythologique du traité ; plus tard, enhardi par l'âge, Pétrarque, qui ose si rarement dans ses œuvres blâmer l'enseignement de Cicéron, fera à l'auteur du De natura deortim de vifs reproches d'avoir trop souvent mêlé l'enseignement de l'erreur à celui de la vérité et d'avoir, dans ses dialogues fictifs, refusé de prendre assez clairement • parti contre la première \ Il attribuera ces hésitations de Cicéron à condamner le paganisme, comme celles qu'il prête aussi à Virgile, aux supplices que ces grands hommes pouvaient redouter*. Mais il préférera toujours, comme dans notre manuscrit, relever les points de concordance des doctrines et dire de Cicéron : Interdum non pagamim philosophum, sed apo.sfolum loqui pules... Vides nt ubiqxie iinuin Deum gubernatorem ac factorem reriun omniwnyion philosophica tantum, sed quasi theologica circumlocutione describit^ .
1. Saepeenim, irnopassim, eodem quasi dormitans uestigio nutante relabcris et quos modo deos irriseras ueneraris.,. ; idqtte licel non tu tibiy sed Balbo tribuas apud te loquenli, quod ipsum Academicae fuerit cautelae, in fine tamen libri illiiis Balbi disputionem non ausus, ne in Acaddemiae tegem pecces^uerioremdicere^ ucrisimilioremdixisli ut quicquid ille dispulauerat approbando tuum fecisse uidearis. Vere autem tuum sit quod^ Plalonicum secutus morem, alteri tribuere tuasque senlentias proferre ficto allerius ore malueris {De ignor.y Op. 1047). Hortis, Arch. Triest., p. 101, a vu à tort dans ce passage une allusion aux Academica.
2. Pour Cicéron, Op. 1014 (... forte supplicium timens)^ Fam. XXI, 10, etc. Pour Virgile, Vit. sol. I, 4, 10 (Op. 240: ... ut qui paratum forte supplicium uerebatur).