SUETONE, FLORUS. JUSTIN
Florus qui hanc rem elegantissima breuitate perstrina:it\ eic. C'est l'historien dont il transcrit le plus souvent les expressions propres, bien qu'il évite volontiers, dans ses œuvres d'histoire, ce genre de citation qui rompt la trame de son style ^ Il est donc à peu près certain que son exemplaire de travail est un troisième manuscrit que nous n'avons pas trouvé.
Il possédait assurément Justin, qui n'était point un auteur rare' et dont il s'est beaucoup servi, tant pour ses travaux d'histoire romaine que pour ces recherches sur l'histoire ancienne de l'Orient, dont il semble avoir été l'initiateur. Il fait grand cas de son autorité, mais regrette de le voir en désaccord avec les récits bibliques: Multa quidem de,,, primoribus gentis Hebraeorum lustinus , alioquin minime uanus ystoricus, hac tnmen parte ueris attexens falsa conscripsii, in quibus se uerioris ystorie detexit ignarum *. On a trouvé déjà des mentions de Justin et on en rencontrera d'autres, particulièrement lorsqu'il sera question de Quinte- Curce. Pour les Periochae de Tite-Live, Pétrarque les emploie dans le De Viris, mais sans les citer. Nous savons l'existence d'un exemplaire de ce texte annoté par lui ; un manuscrit de Naples porte en tête cette indication de la main de Gasparino Barzizza : Incipit abbreuiatio quedam quam inueni in codice uetustissime litere manilms olim Petrarche lectam et postillatam'\ Le recueil antique connu sous le titre de
1. Vie de César, p. 127, 191, 249. Je cite pour cette biographie l'édition de Schneider ; celle de Razzolini, qui est postérieure (Bologne, 187'i), n'y a guère ajouté que des fautes d'impression.
2. Le soin que P. apportait à son style historique et les remaniements purement littéraires qu'il faisait subir à son texte peuvent être étudiés au moyen de la collation des deux rédactions de sa biographie de Scipion, dans Le De Viris ill.^ p. 86 sqq.
3. Cf. Riihl, Die Verhreitung des Justinus im Mittelaller, Leipzig,
4. Le De Viris ill. de P., p. 126. Cf. ibid,, p. 120, 135. Rares mentions dans les autres œuvres. La légende sur la fondation de Carthage indiquée dans VA/rica^ VI il, v. 883 sqq., est prise à Justin, XVIII, 5.
5. Bibl. Nat. de Naples, IV, C. 32 (lannelli, Cat. inss. lat. Neapol.^ p. 96). Le ms. commence par F'iorus. Il m'avait semblé d'abord reconnaître à Venise l'original dont Barzizza a tiré les Periochae^ dans un ms. du XIV* siècle, Marc. Zan. lat. 368, qui contient les Periochae ^
De Viris illustribus, qui a été attribué à Aurelius Victor, s'est trouvé entre les mains de Pétrarque, qui en a fait usage notamment pour ses biographies des rois de Rome^ ; mais il le désignait, avec les manuscrits, comme un ouvrage de Pline', et il y voyait une de ces œuvres secondaires qu'il savait avoir été écrites par le grand naturaliste.
Avait-il les deux récits de Salluste? On peut Taffirmer à coup sûr, car c'est un des prosateurs qu'il cite le plus souvent et dans tous ses traités. Il ne le révère pas seulement comme nobilis ueritatis historicusy mais il goûte visiblement sa façon d'écrire et ses observations morales. Les sentences de Salluste abondent sous sa plume ^ ; pour son style, il savait par Macrobe combien les anciens en appréciaient la sobriété et il partageait leur sentiment, en faisant quelques réserves, à la suite de Sénèque, sur la valeur oratoire des discours insérés dans le récit*; mais peut-être pensait-il ici aux Inuecthiae SaUustii in Ciceronem dont l'authenticité ne faisait pas de doute pour lui^ Il regrettait ainsi la perte des Bistoires: Bellum lugurthinum coniurationemque Catilinae compendioso et ad U7ignem, ut dici solet, castigato complexus est stilo, sed nullo famosior quant historiarum libro, qui
Florus et trois lettres de César tirées de la correspondance de Cicéron avec Atticus (Valentinelli croit à tort le Florus du xn** siècle) ; ce ms. de 63 feuillets a été collationné avec grand soin par un humaniste du xiv siècle, qui y a joint quelques sommaires.