F. 16'. Les trois passages suivants, f
2. A rapprocher de Tindication du chapitre De staluis. Rem. I, 41 : Statuae solidum eoque perennius corpus habent; quam ob causam piclurae ueterum nullae usquam^ cum adhuc innumerabiles supersint statuae. — Lombarde délia Seta avait apporté de Florence à Padoue une statue antique (Mùntz, les précurseurs de la Renaissance, Paris, 1882, p. 40).
PÉTRARQUE ET l'ART ANTIQUE. 263
traduction de Y Iliade qui la fournit ; Pétrarque y explique à sa façon ^ dans unescholie, le vêtement des femmes grecques*: Non pepli hic, ut Léo nuit, sed linei amictus, quo Romane nunc utuntur etAgrippine, On peut se demander pourtant s'il parle ici de marbres ou de médailles.
L'occasion se présente d'indiquer les morceaux de ses livres qui permettent de deviner l'impression faite sur son esprit par l'art des anciens et de désigner quelques œuvres qui ont passé sous ses yeux. La très longue description des figures de dieux ou de héros qui décorent, dans VAfrica, le palais de Syphax, ne nous apprendra pas grand'chose ; ces grands basreliefs* polychromes sont assez confus et cherchent à exprimer des symboles poétiques plutôt qu'ils ne s'inspirent d'ouvrages d'art réalisés ; les attributs seuls, prêtés aux divinités de l'Olympe, peuvent avoir, en certains cas, été empruntés par Pétrarque à des représentations antiques. Il est sûr, du moinâ, qu'il en a rencontré beaucoup dans ses voyages et qu'il ne les a point dédaignées, ^n visitant Rome, il ne s'est pas seulement arrêté devant les constructions, arcs de triomphe, portiques, colonnes, portes, tombeaux, thermes, temples, qu'il a tenu à rappeler et pour l'identification desquelles il est visible qu'il a consulté quelque texte de Mirabilia et reçu des traditions orales; dans la lettre où il passe brièvement en revue tous ces monuments', il mentionne expressément des œuvres de sculpture: Hoc Praxitelis Phidiaeque extans in lapide tôt iam saeciilis de ingenio et arte certamen. Il s'agit ici des deux célèbres dompteurs de chevaux du Quirinal, qui portent encore au piédestal les inscriptions Opus Phidiae et Opns
1. Par. 7880, 1, f. 46. Sur les mots Graecarum boni ueli^ par lesquels Léon Pilate a traduit 'Ax«"«8ti)v eujr^TrXojv.
2. Ce sont bien des bas-reliefs (Africa^ éd. Corradini, III, v. 262):
Haec uariis insculptn modis atque ordine miro.,,
3. Fam. VI, 2. Je serais entraîné dans un détail infini par l'examen des allusions de ce morceau, qui fait aussi une place aux légendes chrétiennes de la ville de Rome et que complète sur ce point une page de Fam., IX, 13. J'indique seulement qu'il est nécessaire de le mettre sans cesse en regard du livre VIII de VAfrica^ v. 862-951, et de l'annotation où Corradini fait d'utiles rapprochements avec la Topographie der Sladt Bom de Jordan et les textes des Mirabilia Bomae. Y ajouter une énumération dans Bem. I, 118.
Prcucitelis, attribution que Pétrarque n'était pas en mesure de contrôler. Il décrit les mêmes groupes plus clairement encore dans VAfrica :
Inde Quirinalem superaio uertice moniem Tramierant nudoque duos adstare gigantes Corpore conspiciunt, aequo certamine famae PraxUelis opus Phidiaeque insigne supremi*.
Les vers appartiennent au tableau des merveilles de Rome, telles qu'elles se déployèrent, selon le poète, sous les yeux éblouis des ambassadeurs de Carthage. Il y reproduit justement et y développe, sous la forme poétique, la description générale de la ville et de ses abords, qu'il a faite dans la lettre en prose* ; mais, dans Tune, il énumère seulement des ruines et fixe des emplacements ^ dans Tautre il s'essaye à une restitution de l'aspect ancien, où il suit un itinéraire fort précis et 6ù il n'a garde d'oublier les richesses des arts plastiques, la décoration des arcs et des palais et les bas-reliefs triomphaux*. Ces notes, qu'on voudrait plus nombreuses, doivent être appuyées d'un passage important des Seniles, qui ne me semble pas avoir été mis en lumière pour notre sujet ;