Fam. XVIII
4. On sait qu'il en offrit à l'empereur Charles IV : Aliquol «tôt aureas argenteasque no sir or um principum effigies, minulissimis ac ueleribus litleris inscriptas, quas in deliciis habebam, dono dedi, in quitus el Augusti Caesaris uulltts erat paene spirans ; et ecce, inquam^ Caesar, quitus successisli, ecce quos imitari studeas.,. (Fam. XIX, 3). Il en reçut à son tour, Caesaream effigiem peruetusli operis (Fam. XIX, 12). Cf. Friedjung, Kaiser Karl IV, Vienne, 1876, p. 298 sqq.
5. La constatation sur les médailles des Carrare est toute nouvelle. Friedlànder les avait bien présentées comme des œuvres contemporaines des seigneurs de Padoue, mais elles passaient généralement pour des compositions du xvi® siècle. Guiffrey a montré qu'elles sont décrites exactement dans l'inventaire du duc de Berry dès 1402 et qu'elles sont, par conséquent, antérieures à tous les ouvrages de Pisanello (Bull, de la Sociét' des antiquaires de France, 1889). Cf. la description de la bulle d'or de Charles IV, dans Fam. XXI, 2.
temps qu'un passage de Suétone, les médailles assez communes, dit-il, de cet empereur*. Mais on peut trouver plus significatif le rapprochement d*un texte historique et d'une légende de médaille, tel qu'on le constate dans V Histoire Auguste de Paris, f. 8' {Ant. Pius^ 5: Uxorem Faustinam Augustam appellari a Senatu permisit) : Hac appellatione est Faustùia maior, me pertes, in auro, similiter et minovy sed eo amplius Pij Aug, fil,). Le groupement de ces détails éclaire, ce me semble, d'un jour nouveau, un côté des études de Pétrarque resté jusqu'à présent dans Tombre et où il n'a procédé, d'ailleurs, que par tâtonnements et par très incomplètes intuitions.
Tous les ouvrages historiques lus et utilisés par Pétrarque ont été également connus de Boccace^ Il est permis de trouver que celui-ci en a tiré un parti moins heureux que celui-là ; mais il a eu, en revanche, une fortune qui a manqué à son ami ; il a lu Tacite ou du moins la plus grande partie de ce que nous possédons de lui, c'est-à-dire la seconde moitié des Annales et les Histoires^. Pétrarque n'a rien connu de Tacite; bien plus, le nom de l'historien, qu'il ne pouvait pas ignorer*, n'a jamais été prononcé par lui. Comment se fait-il que Boccace ait eu entre les mains un auteur de cette importance et se soit visiblement servi du contenu du Mediceus II, sans que Pétrarque paraisse en avoir rien su ?
Il ne peut-être ici question de dissimulation : le caractère de
1. Ber, mem. II, 4 (Op. 426): SimiUimam faciem habuisse eum et scriptores rerum traduni et imago mdtus sui^ quae uulgo adhuc aureis uel argenteis aereisque numismatibus insculpla reperitur^ indicat,
2. Même V Histoire Auguste^ bien qu'il n'en nomme jamais aucun des auteurs (Hortis, Studj, p. 432). En général, les citations de Télève sont moins nombreuses et moins précises que celles du maître.
3. Cette question en partie obscure est étudiée à nouveau, avec la bibliographie et les confrontations de texte nécessaires, dans mon travail sur Boccace et Tacite (Mélanges de l'Ecole de Rome, t. XII, 1892). On y trouvera des observations sur la manière dont les premiers humanistes traitaient la composition historique.
4. V. la n. 2 de la p. 258. P. connaissait aussi les citations de Paul Orose, mais non sans doute les mentions de Tacite dans Tertullien, S. Jérôme, Sidoine Apollinaire, etc. (réunies par Emmerich Cornélius, Quomodo Tacilus in hominum mentor i a uersatus sit, Wetzlar, 1888, p. 17 sqq.).