CATON
Les renseignements de nos manuscrits, où son amour-propre n'est point en jeu et où il n'écrit que pour lui-même, sont beaucoup plus sûrs.
Sans perdre de vue cette observation, recherchons ce qu'il connaissait de Caton et de Varron. Les citations de Caton ne sont pas rares dans ses œuvres, il semble les prendre luimême dans les Origines ; en réalité, elles viennent des auteurs qu'il possède, bien qu'il néglige toujours, et peut-être systématiquement, de l'indiquer*. Dans ses scholies, il fait le renvoi avec plus de précision, car il peut avoir besoin de s'y reporter. A-t-il, du moins, rencontré le De re rustica? Il nomme Caton parmi les agronomes avec Virgile, Varron et Palladius*, et parle de l'auteur et de son livre en termes assez précis, dans un chapitre sur l'agriculture : Quae [ars] magnis olim tractata tiiris atqtte ingeniis in pretio fuit, in qua, ut multis in rébus, altwn locum Cato Censorius teuet, de quo cum uerissime scriptum sit optimus senator, optimus orator, optimus imperator, tandem laudis ad cumulum illud est additum, sine aeinulo, siue sine exemplo sui temporis agri-cola. Quem puderet igitur cum C atone terram colère ?... qùis sollicitare atque hortari boues erubesceret, quos in sulcum urgeret illa uox, quae tôt inagnos exercitus in praelium accendisset, tôt ancipites causas disertissime perorasset ? quis rastrum atque arairufn fastidiret, quod illa triumphalis ac philosophica manus attingeret, quae insignes de tôt hostibus uictorias peperisset, tôt de rébus optimis praeclaros libros scripsisset, siue ad philosophiam, siue ad historiam, siue ad usum uitae spectantibus, quales sunt quos de hoc ipso quod nunc loquimur scripsii ? Primus equidem colendi arui prae^ cepta in formam artis ac iti litteras redegit, secutique illum multi aliiy quorum quidam humile illud ac depressum artiftcium nobilissimis atque altissimis uersibus extulerunt^. A dé-
1. Var, 48 : Sane in libre illius Censorii Catonis senis legimus solitos caneread lubicen de clarorum hominum uirtutibus (i=:.Cicéron, Tusc, I, 2); Sen, XII, 2 (Op, 906 = Pline, XXIX, 14); Vit. sol. préf. (Op. 224); De otio rel. I (flp, 316). Par exception, la source est assez bien indiquée pour un emprunt au De officiis dans là vie de Scipion (partie inéd., dans Le De Viris ill. de P., p. 144).