Vil. soL II, 10, 1 (Op
2. Fam. XII, 6. Ici, comme en d'autres traductions de ce chapitre, le texte n'est pas littéralement traduit, mais un peu condensé; on cherche surtout à rendre exactement les détails essentiels.
3. Le testament de P., qui fait connaître son nom, l'indique comme originaire d'une ville ou du diocèse de Clermont.
4. Omnts generis uoluminum multa uarietas et quaedam ibi minutissrma maximis intermixta...
5. Fracassetti imprime quandoque post terminum; le Par. 8568, f. 171', donne triennium, qu'il faut adopter, en pensant au séjour de P. en Italie de la fin de 1347 à 1351.
II rayonnait de joie tout entier chaque fois*que je lui mettais quelque livre dans les mains ; il le pressait en soupirant sur sa poitrine; parfois il appelait Tauteur à voix basse, et, chose étonnante, à contempler ces ouvrages, il croyait devenir plus savant et plus heureux*. » On voit jusqu'à quel point les goûts de Pétrarque et jusqu'à ses manies innocentes avaient passé à son serviteur.
Alors que le poète pouvait encore compter sur cette garde fidèle, en 1347, il se décida à retourner pour la cinquième fois en Italie*. Le voyage devait être long, car, tout agité des espérances patriotiques que faisait naître en lui la tentative de Rienzi, il se disposait à y apporter son concours. A Gènes, malheureusement, il apprenait à la fois le massacre des Colonna et la chute du tribun, et, au lieu d'aller à Rome assister, comme il le rêvait, à la résurrection de la République, il se dirigeait sur Parme pour prendre possesion d'un canonicat. Son séjour en Italie se prolongea cependant et des acquisitions importantes en marquent pour nous plusieurs étapes.
A Gênes même, il cherche à se consoler de ses déconvenues palitiques à l'aide d'un fort bel Horace entouré de scholies, qu'il achète le 28 novembre et dont il va se servir désormais '\ Dans son habitation de Parme, il réunit déjà une petite bibliothèque*. Outre les livres qu'il recueille en Italie, il en a apporté plus d'un de Vaucluse. Son Virgile, par exemple, ne l'a pas quitté et il y inscrit, selon sa coutume, les deuils qui l'atteignent dans ses amitiés et qui sont, en ces années de peste, si nombreux et si cruels. Il a aussi son Abailard, auquel il confie, dans les crises de sa conscience, des souvenirs particulièrement intimes ^ Au mois de novembre 1348, il commence à tenir un petit registre de jardinage sur les mar-
1. Fam. XVI, 1 (aux cardinaux de Talleyrand et de Boulogne, en leur demandant la permission de quitter Avignon pour aller surveiller ses livres dont le sort l'inquiète, magis bibliothecae sollicitus quam agelli).
2. Ou la sixième , si on admet qu'il ait été à deux reprises à Bologne, lors de ses études de droit.