ACQUISITIONS EN ITALIE
ges d*un volume, qui contient Apulée et Palladius*. En 1350, il se rend à Rome pour le jubilé et traverse Florence et la Toscane, où ses compatriotes accueillent sa personne avec affection et sa gloire avec fierté ; il y fait sans doute une moisson de livres ; mais le seul ouvrage qu'on puisse désigner avec assurance est le Quintilien qu'il rapporte d'Arezzo ^ A son retour dans l'Italie du nord, passant quelques jours à Mantoue, il y achète, le () juillet, YHistoire naturelle de Pline ^ L'année suivante, il laisse toute sa collection ainsi accrue à Vérone, en dépôt entre les mains de Gulielmo da Pastrengo, un travailleur qui a les mêmes goûts que lui et avec qui il vient de se lier étroitement en ces dernières années \ Il se dispose, en effet, à regagner la France, mais avec l'intention de n'y plus séjourner et de revenir promptement se fixer en Italie. Il écrit à Boccace, de Vérone, le l®''juin 1351: « Je compte passer la fin de Tété dans ma paisible solitude au bord de la Sorgue claire et sonore, parmi les bois, les eaux et tous ces livres qui, soumis à un rustique gardien, m'ont attendu en silence près de quatre ans. Si je refaisais plus tôt la route pour retourner en Italie, je craindrais que la chaleur excessive n'accablât ce pauvre corps, habitué pourtant à la fatigue dès l'enfance et que je ménage seulement pour lui réserver des fatigues plus longues. Mais l'automne, je l'espère, me ramènera, et avec moi mes livres, que j'ai décidé de réunir à ma bibliothèque italienne* ».
Pétrarque est à peine rentré à Vaucluse que ses projets s'évanouissent. Il annonce à ses amis d'Italie qu'il croit utile de rester deux ans en France, afin de terminer les travaux qu'il y retrouve commencés. En réalité, il a été repris par la chaîne des douces habitudes : « Laissez-moi revoir à loisir ces petits jardins plantés de mes mains, ces bois si chers à mes études ; laissez-moi donner à mes livres la lumière qui leur a manqué si longtemps au fond de leurs armoires