HOMERE TRADUIT A FLORENCE
Et lit secretiore aditu te locandum scias, animae mèdio receptaculum tibi auidissime prorsus ac reuerentissime praeparatiV, Si Pétrarque était fort impatient, il était aussi un peu inquiet de la façon dont l'œuvre serait exécutée; il multipliait ses conseils ; il regrettait qu'on traduisît littéralement et mot à mot; il rappelait par deux fois à ses amis le mot de saint Jérôme déclarant, dans sa préface à Eusèbe, qu'en une telle traduction « le plus éloquent des poètes ne ferait que balbutier^ » ; il refusait d'envoyer à Florence son manuscrit de Platon, que les ambitieux Florentins voulaient faire traduire en même temps qu'Homère, les invitant à ne pas surcharger d'un double fardeau les épaules d'un seul homme et promettant de les satisfaire quand le premier travail serait terminé^.
La traduction finie, Pilate quittait Florence, peut-être par un de ces coups de tête qui semblent avoir rempli sa carrière. Mais, si l'œuvre était achevée, elle n'était pas mise au net ou bien il n'en existait encore qu'une seule copie, car Pilate, qu'on retrouve à Padoue auprès de Pétrarque, ne la lui avait pas apportée. La première demande que fait Pétrarque à Boccace de cette traduction est dans une lettre du 1" mars 1365*,
1. Fam. XXIV, 12 (Milan, 9 oct. 1360. Par. 8568, f. 287 et 289'). — Cette lettre est une réponse à une lettre qui lui avait été envoyée par des amis au nom d'Homère, et où la mention de Bologne est peutêtre à remarquer: (Tibi uero respondeo,.. Tua itla Bononia quam sunpiras^ studiorum licet hospes amplissima^ funditus ut exculias, [amicum tuum] unum haheC). Ce jeu venait vraisemblablement du cercle Florentin.