LES LIVRES A MILAN
guine, en resta malade près d*une année ; on peut penser si ce fut une occasion fréquente de plaisanteries sur le tour que Tingrat Cicéron avait joué au plus zélé de ses serviteurs*.
Le studio, dans lequel nous introduit ce récit, devait être une pièce assez étroite et telle que les miniatures nous font connaître l'intérieur des hommes d'étude du temps*. On s*y figure Pétrarque assis sur un escabeau de bois, les pieds appuyés sur un tabouret, devant un meuble en forme de pupitre où Tencrier est pris dans la planche. Un grand volume, aux fermoirs de cuivre, lui présente ses colonnes compactes ; il l'annote, la plume d'une main, le grattoir de . l'autre. A côté, un lutrin porte un autre volume ouvert, pour les recherches. Le long du mur, percé d'une seule fenêtre, court un rayon chargé de livres aux reliures multicolores. Des planchettes, sur les côtés de la table, en soutiennent encore ; tous les coins sont utilisés pour en contenir, et la défense en est assurée contre les souris par le chat blotti sous l'escabeau. L'étude incline le visage du poète, entouré de ce recueillement intime particulier aux petites pièces de travail où tous les livres sont sous la main '*.
Parmi le^ admirateurs de Pétrarque qui lui firent visite à Milan, dans cette bibliothèque où il recevait d'ordinaire*, il