‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 33 sur 362 · Var · texte numérisé non relu

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2: Le morceau artistique le plus remarquable et le plus complet est une fresque du xv« siècle, le studiolo de saint Jérôme par Carpaccio, à Venise (S. Giorgio degli Schiavoni).

3. Je m'inspire dans cette description d'une miniature de la Laurentienne {Strozz, 174), qui contient les Trionfi^ des sonnets d'autres poètes, et divers portraits de la première moitié du xv« siècle ^à part la fenêtre qui s'y trouve ronde, elle représente assez bien le cabinet d'Arquà où la tradition veut que P. soit mort. Dans un ms. de P. luimême (Vat, 2193, f. 19'), comme en beaucoup d'autres, on voit un écrivain tenant à la fois la plume et le grattoir. 11 y a d'autres portraits de Pétrarque au travail, notamment celui d'un Canzoniere{Palat. 184) de la Nationale de Florence, qui est de la fin du xiv s. (Gentile, / coiici Palatinij t. I, p. 192); le dossier du siège est utilisé de manière à former un petit casier de livres d'aspect bizarre. La fresque de Padoue, dans la grande salle de la bibliothèque universitaire, qui est malheureusement très repeinte, donne, comme le manuscrit Strozzi, la grande table pupitre, le lutrin et même le chat.

4. a lo mi trovai una fiata in Lombardia e visitai messer Francesco a Milano, il quale per sua cortesia mi tenue seco più di. E stando uno

aimait à en rappeler deux, dont le souvenir caressait particulièrement son amour-propre, Pandolfo Malatesta et Niccolô Acciajuoli. Le premier, malade, se faisait transporter sur les bras de ses serviteurs chez le poète, « pour avoir le plaisir de le voir entouré de ses livres, dans son milieu naturel » \ Le second, grand sénéchal du royaume de Sicile, était venu à Milan pour visiter en même temps Galeazzo Visconti et l'ancien ami du roi Robert : « Ton Mécène, écrivait celui-ci à Zanobi da Strada, n'a pas dédaigné de venir me voir dans ma bibliothèque, malgré la foule qui l'entourait sans cesse, les affaires qu'il avait à traiter et la longueur de chemin qui conduit chez moi... Ce grand homme est arrivé les faisceaux abaissés, comme autrefois Pompée chez Posidonius ; il a franchi mon humble seuil, s'est découvert devant moi et presque prosterné, comme ferait un habitant du Parnasse en entrant dans un temple d'Apollon et des Muses. Cette généreuse humilité nous a touchés da respect et émus presque aux larmes, moi et les nobles personnages qui se trouvaient là. Il s'est intéressé délicatement à l'ensemble de mes livres, compagnons et aliments de mon repos, et à chacun d'eux en particulier. Rien n'était plus délicieux, et nous avons longuement causé de mille sujets et surtout de toi*. » L'année qui précéda la visite d'Acciajuoli, Pétrarque en avait reçu une autre qui, moins flatteuse pour sa vanité, lui avait apporté plus de douceur encore : Boccace avait passé plusieurs jours à Milan auprès de lui et avait même assisté à une plantation de lauriers dans son jardin^. Le voyageur revint à Florence, la mémoire et le cœur pleins des entretiens du maitre, et il alimenta de ses souvenirs les conversations de ce petit cercle où Pétrarque était si passionnément aimé*. Un ami commun, FrancescoNelli, regrettait, en écrivant

di con lui nel suo studio, lo domandai se v*avea il libro di Dante, e mi rispose di si ; sorge e cercato fra suoi libri prese il sopradetto libretto chiamato Monarchia e gettollomi innanzi. » (Récit d*un Pisan anonyme, publié plusieurs fois et en dernier lieu par G. Del Balzo, Poésie di mille aulori inl. Dante, t. II, Rome, 1890, p. 154).

1. Inter libroSy ut aiebat^sede uelut in propria (^Sen. I, 6; Op. 746).

2. Fam. XXII, 6 (1360). P. passait alors l'été à S. Simpliciano (ex/ra ciuitatem)y mais les livres l'y avaient suivi.

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