Fam. XXII
aisément, dès ses premiers pas, de quoi satisfaire sa pieuse curiosité, à Linterno, chez ses voisins de campagne, les moines de Garegnano, à Milan, dans la bibliothèque de S. Ambrogio, dont il parle expressément en un de ces traités miphilosophiques, mi-religieux, qu'il se plut alors à composer*. C'est à partir de cette époque que se multiplièrent chez lui les auteurs ecclésiastiques*. Dès 1355, il recevait de Florence un superbe manuscrit de ce genre, le Commentaire de saint Augustin sur les Psaumes, que lui envoyait Boccace et qui lui était plusieurs fois cher, par le nom de Tauteur d'abord, par celui de David, dont il se proclame l'admirateur, enfin par le souvenir d*un ami généreux ^. Mais, en môme temps, ce qui nous assure bien que ses anciennes études n'étaient point exclues par les nouvelles, il se faisait copier à Vérone le recueil de Y Histoire Auguste^ .
Le poète enrichissait sa bibliothèque de trois façons, par des dons, des achats et des copies. Tous ses amis s'employaient pour le servir. Bien que ses retouches pour la publication en aient fait disparaître beaucoup de détails familiers*, sa correspondance contient encore un certain nombre de demandes de livres ou de remerciements pour des envois. On en trouve notamment dans ses lettres à Lapo da Castiglionchio*, à Nelli, qui semble être sans cesse en recherche pour lui^ à Pastrengo, de qui la bibliothèque est libéralement ouverte à ses emprunts*, à Bruni, qui lui fait une expédition d'Avignon*, à Jean de Parme, qui lui donne une belle mappemonde sur parchemin *^, à Boccace surtout, qui lui
1. VU, sol. II, 6, 1 (Op. 275) : [Liber] de Brachmanorum uUa... licet non plane mihi redoleat Ambrosii slilum, inter Ambrosii tamen libros médius est, ingenti quodam et uencrabili et uetusto uolumine librorum eiîts, quod in archiuo Ambrosianae Mediolanensis ecclesiae custodilur,