‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 355 sur 362 · Contra Gallum (Op · texte numérisé non relu

Contra Gallum (Op

P. DI NoLHAC. — Pétrarque. 27

4 là BXCURSUS y II.

Grecs, Pétrarque ajoute: Quae quidem.,. leuissimorum quorumdam similiter est Gallorum^,Je ne trouve pas à quelle composition en langue vulgaire il semble faire allusion par le mot mimis^\ mais le mot carmina indique, dans sa langue d'humaniste, une composition latine. Il est donc question de VAlexandreis de Gautier de Châtillon, où plus d'un passage, en effet, devait inquiéter Tomorageux patriotisme romain de Pétrarque '. Constater sa lecture du poète du xii* siècle, déjà plein de réminiscences classiques, n*est pas inutile ; mais on doit remarquer qu'il se refuse visiblement à voir un précurseur dans Técrivain français et qu'il ne daigne même pas nommer un ouvrage admiré de tous ses contemporains et qu'on étudiait dans les écoles au même titre que les poèmes antiques.

Parmi les livres en langue « vulgaire », ce sont nécessairement les œuvres italiennes qu'il a lues en plus grand nombre, et cependant il n'en mentionne que bien peu. Ayant lui-même intitulé simplement son Canzoniere « Rerum uulgarium fragmenta », traitant couramment ce recueil de nugae ou de nugeUae^^ il ne croit pas qu'il y ait honneur sérieux et gloire durable à composer des œuvres considérables en italien ; il est donc peu disposé à étudier et à apprécier celles qui existent de son temps. Le jour où, sur la fin de sa vie et par hasard, le Decamerone lui tombe entre les mains, il écrit à son cher Boccace une lettre pleine d'indulgence et même d'éloges; mais on voit clairement qu'il ne se doute point qu'il vient de rencontrer un chef-d'œuvre : Librum tuum, quem nostro materno eloquio, ut opinor^ olim iuuenis edidisti, nescio quidem unde uel qualiter ad me delatum uidi, nam si dicam legi, mentiar ; siquidem ipse magnus ualde, ut ad uulgus et solutascriptus oratione, et occupatio mea maior et tempus angustum era(... Il

1. De Viris tV/., t. I, p. 144; cf. le passage de la p. 140 indiqué p. 294, n. 2. Ces traditions et peut-être aussi leur provenance entrent pour quelque chose dans rhostilité notée plus haut chez P. contre Alexandre.

2. Une traduction en prose de Vffistoria de praeliis, qu*a fait connaître Paul Meyer, mentionne une ambassade des Romains auprès d'Alexandre a en reconnaissance qu'ils le tenoient à seignor « (t. II, p. 312). La même Ilistoria, à laquelle P. fait peut-être allusion par le mot liUeris, avait été traduite en vers italiens ; c'est le poème que Grion a publié sous le titre / nobili fatti di Alessandro Magno, Bologne, 1872 (cf. Meyer, t. I, p. xiii).

3. Cf. par ex., Hist, litl,, t. XV, p. 108, 112; L. Belianger, De Gualthero ab Insulis, Angers,' 1877, p. 55, 65.

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