COPISTES CHEZ PETRARQUE
bliothèque et à les envoyer dans les mains où il les savait bien placés*; il se plaisait enfin à répandre ceux où il avait trouvé un appui moral, comme les Confessions de saint Augustin, qu*il donnait à son frère, à Donato degli Albanzani, à d^autres encore, espérant pour eux le même profit ^ Afin de satisfaire à tous ces besoins, il garda chez lui, dans ses dernières années, un certain nombre de copistes : « J'ai Thabitude, disait-il alors en décrivant son genre de vie, d'en avoir auprès de moi cinq ou six; pour le moment, il y en a trois et si je n'en prends pas davantage, c'est qu'on ne trouve pas de vrais copistes, mais des calligraphes {pictores), et encore n'ont-ils aucun talent ^ » Boccace fait allusion dans une lettre aux jeunes gens de son ami*. Ils accompagnaient Pétrarque dans ses voyages et il avait la satisfaction de voir leur travail avancer sous ses yeux. On a un manuscrit dont il a noté lui-même les diverses étapes : « Ecrit chez moi ; commencé à Padoue, terminé à Pavie, enluminé à Milan et relié en 1369*. » Le copiste de ce volume a laissé un nom dans l'histoire littéraire, car il est difficile de ne pas l'identifier, avec Giovanni Malpaghini, de Ravenne*. Pétrarque, qui l'eut auprès de lui pendant de longues années, l'éleva et le traita comme un fils. Il était admirablement doué et capable de rendre de grands services. Employé aux plus délicates fonctions d'un secrétaire, il reçut le soin de mettre en ordre les papiers du poète et de classer les lettres que celui-ci voulait conserver ; l'œuvre était difficile et quatre amis de son maître qui l'avaient essayée avaient dû y renoncer ; il en vint à bout seul et aida à constituer le recueil des
1. Sen. IV, 1(0/). 388, à part); Var. 2. Outre les dons déjà rencontrés.
2. Fam. XVIH, 5; Sen. Vlïl, 6. Cf. Sen, XV, 7 (Op. 939; don de son propre exemplaire des Confessions au P. Marsigli).
3. Var. 15. Cf. Fam. XVill, 6: Familiaris meus... iuuenis digili quant ingenii melioris.
4. [Epistolas] alicui expueris tuis rescribi facias {Le leitere, p. 129).