‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 49 sur 362 · Sen. VI, 2 {Op · texte numérisé non relu

Sen. VI, 2 {Op

2. Le letlere^ p. 126. La date est 1367 (contre Koerting, Boccaccio's Leben, Leipzig, 1880, p. 308, v. Cochin, Boccace^ Paris, 1890, p. 291).

3. Haec supellex nostra post nos... ad aliquem nostri perpeiuo memorem, pfum ac deuotum locum, simul indecerpta perueniai.

68 PKTRARQUE BIBLIOPHILE.

depuis qu'est mort celui en qui j'avais espéré un successeur dans mes études*. Quant à fixer le prix de Tacquisition de tes volumes, comme tu as la bonté de me le proposer, je ne le puis, n'en connaissant exactement ni les titres, ni le nombre, ni la valeur. Rédiges-en la note précise dans une lettre. De cette façon, si jamais tu te décides à faire ce que j'ai toujours désiré et ce que tu m'as autrefois promis, à venir passer avec moi notre pauvre reste de vie, tu reconnaîtras chez moi tes livres, mêlés à ceux que j'ai recueillis et qui sont tiens aussi, et tu t'apercevras alors que, loin d'avoir rien perdu, tu auras plutôt gagné quelque chose*».

L'ami Florentin renonçait, sur les remontrances de Pétrarque, aux exagérations de son repentir ; mais celui-ci continuait à chercher les moyens d'éviter la dispersion de sa propre bibliothèque. Sa lettre précédente est du 28 mai ; le 28 août, il avait déjà arrêté son dessein : ses livres seraient offerts à l'église de Saint-Marc, à Tombre de laquelle sans doute il songeait à terminer paisiblement sa vie. Il venait, en effet, dans cette même année 1362, de constater à ses dépens le manque de sécurité de l'Italie du Nord. Parti de Padoue pour aller en France, où l'appelait le pape et l'attirait Vaucluse, il avait été obligé de revenir sur ses pas, le Piémont étant désolé par Ja guerre entre Visconti et le marquis de Saluces ; il s'était dirigé alors vers l'Allemagne, pour répondre à une invitation de l'Empereur et séjourner auprès de lui; mais il avait dû renoncer, de ce côté aussi, à poursuivre une route peu sûre. Ces contretemps lui avaient été d'autant plus pénibles qu'il embarrassait son voyage du transport de sa bibliothèque, dont il ne supportait plus d'être privé ^. Après avoir beaucoup tremblé pour ce cher trésor, il s'était réfugié à Venise, « avec ses livres et ses plumes », heureux, de trouver

1. Qui P. a-t-il dans la pensée? un ami? Le texte dit meorum studiorum speraueram successorem. Giovanni P. était mort l'année précédente, et je crois qu'il faut songer à lui.

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