V. p. SOsqq
2. S en. II, 3. Cf. Sansovino, Venezia citià nobiliss., Venise, 1581, p. 24 b. et 240. [N. Barozzi dans] P. e Venezia, Venise, 1874, p. 286.
3. Sur le caractère strictement privé de toutes les bibliothèques du temps, même celle du Pape, v. les observations d'Ehrle, t. I, p. 756; ridée de P. apparaît d'autant plus intéressante.
4. Bihliotheca noslra luis in manibus relicta (De ignor,, Op. 1053).
Pétrarque achetait alors lui-même une terre à Arqua, et marquait ainsi son intention définitive de résider dans les états de Carrare *.
Dans cet ermitage des monts Euganéens, entouré de l'horizon paisible que domine encore la maison construite par lui, Pétrarque revivait, en ses vieilles années, la vie de Vaucluse: « Je suis demeuré, écrivait-il, dans la médiocrité d'existence que j'avais alors et que j'ai jugée plus avantageuse et plus douce : je ne me suis enrichi que d'années et de quelques livres... Une grande partie du temps, je reste à la campagne, désireux comme toujours de solitude et de repos. Lire, écrire, méditer sont encore, comme déjà dans ma jeunesse, ma vie et mon plaisir : je m'étonne seulement, après une assiduité si longue dans l'étude, d'avoir appris si peu de chose'». Son érudition cependant était aussi renommée que son génie de poète; on faisait sans cesse appel à sa mémoire et à ses livres, qu'il mettait généreusement à la disposition de tous*; les visites et les lettres de demande lui arrivaient nombreuses, et il avait toujours « dans sa petite armoire » quelque bon ouvrage à prêter aux amis des lettres*. Un Ferrarais écrivait de Padoue à Louis de Gonzague, à propos d'une lettre de César qu'il lui destinait : « Je pense que s'il a été conservé dans le monde quelque autre œuvre de cet empereur, elle existe chez notre glorieux seigneur commun, messer François Pétrarque. Là est l'écrin et le tabernacle des monuments de l'antiquité, et personne ne peut espérer d'en découvrir qu'il ne posséderait pas. J'irai le voir dans peu de jours à Arqua, où il se trouve, et lui demanderai instamment ce qu'il a des compositions de César ; je n'ai pas de refus à craindre : obligeant toujours et pour tout le monde, il a paru l'être particulièrement pour moi* ». Les richesses réunies dans le scrinium d' Arqua et de
i. Cf. les documents publiés par Malmignati et Gloria et résumés par Zardo, // P. e i Carraresi, Milan, 1887, ch. m.