In nostro armariolo (Sen. VÎII, 6 ; Op
5. Lettre de Niccolù de' Beccari, 3aoùt[l371], p.p. Novatidans Bomn-
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Padoue étaient considérées par leur maître comme un dépôt dont il devait compte aux travailleurs de son temps, et jamais bibliophile ne fut plus libéral de ses richesses, mieux convaincu des droits de Tétude sur ses collections.
A ce moment, ses goûts de jeunesse avaient retrouvé toute leur force. Les auteurs sacrés laissaient dans ses lectures une grande place aux auteurs profanes. Il reprenait, pour leur confier des observations nouvelles, ces livres vieillis avec lui et d'autant plus chers \ Il avait la joie d'en acquérir d'autres, et les lisait à soixante-dix ans avec le même enthousiasme qu'il eût fait à trente : un de ses derniers travaux ne fut-il pas ce grand commentaire qu'il commença sur les marges de son Homère et qu'il ne put achever'? Il interrogeait à nouveau, d'un esprit mûri par l'expérience d'une longue vie, les œuvres qui lui avaient révélé la sagesse antique. Toute autre science continuait à le laisser indifférent. Certains livres, déposés chez lui par un Colonna, tous de droit canon ou civil, risquaient, pensait-il, d'être égarés à sa mort ; il demandait instamment à les restituer, mais ajoutait avec franchise : « Si c'étaient des ouvrages de Cicéron ou de Varron, je ne serais peut-être pas aussi pressant^». Il avait fini, comme il arrive, par accepter l'encombrement de bien des livres inutiles, et c'était un sérieux embarras, en ces années surtout qui furent loin d'être paisibles. La guerre, qui couvait depuis longtemps entre Carrare et les Vénitiens, éclata enfin et le séjour hors des villes cessa d'être sur. Pétrarque demeura à Arqua le plus tard possible ; mais, bien qu'un ami prétendît qu'il suffirait d'écrire sur la porte son nom vénéré pour en écarter les gens de guerre, il trouva plus prudent de rentrer à Padoue : «J'attends aujourd'hui ou demain, écrivait-il le 17 novembre 1373, ma petite famille restée à la campagne. Quant aux livres que j'y tenais, je les ai rapportés, laissant la maison
nia, t. XIX (1890), p. 170. L'empereur Charles IV interrogeait P. à la même époque sur l'authenticité d'une lettre de César et d'une autre de Néron (Sen. XVI (XV), 5 ; Op. 955).