‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 54 sur 362 · DERNIERES ANNEES · texte numérisé non relu

DERNIERES ANNEES

et le reste à la garde de Dieu * ». Ce séjour forcé à Padoue, que la guerre prolongea longtemps, ne fut pas perdu pour son travail. Son gendre Francescuolo daBrossano et surtout son ami et disciple Lombarde délia Seta, qui habitait aussi avec lui et lui servit de dernier secrétaire, avaient soin de son intérieur et de sa bibliothèque ; les soucis matériels lui étaient ainsi évités, et il trouvait réunies sous sa main les ressources nécessaires pour ses recherches dans les volumes soigneusement annotés par lui au cours de sa vie et familiers aux personnes qui l'entouraient. Mais il souffrait de ne pas retourner aux champs et répétait impatiemment le vœu d'Horace*. Il dut attendre jusqu'au mois d'octobre 1373, et accompagner même à Venise, après la défaite de Carrare, le fils de son ami, qui allait faire amende honorable à la Seigneurie et traiter, des conditions de la paix. Ce n'est qu'à la suite de cette pénible mission que le vieux poète, dont la santé s'épuisait de plus en plus, put retourner à Arqua et y goûter encore quelques mois d'étude et de recueillement.

Une nuit de juillet 1374 ^ comme Pétrarque veillait, suivant sa coutume, dans son petit cabinet de travail, la mort vint le prendre. Ses amis le trouvèrent, au matin, le front appuyé sur le livre ouvert devant lui.

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